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[Violence] L'air de valse raisonnant au loin nous emplit de ... || Sakthys || Mission

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Sam 3 Nov - 2:05
[hj: ce rp est la suite directe de devoir porter tes erreurs, Frisk est donc blessé.e, fatigué.e et moralement sur la corde raide, ce dont a profité Chara. Sa présence affermie fait que, pour le moment, Frisk a moins conscience de son état physique lamentable.]

Juste une danseL'autocar faisait un bruit de tous les diables, semblant sur le point de tomber en ruines à chaque nid de poule le brusquant, alors que tous les passagers tanguaient au rythme de ses vrombissements, presque indifférents à ces vibrations qui se rependaient dans tous leurs os. L'habitude, te dis-tu légèrement, alors que tes yeux observent les quelques autres passagers assis à différentes banquettes du véhicule, chacun gardant une distance poli avec les autres. Pas un bruit, pas une discussion, hormis les vrombissements du moteur et le bruit du sable ricochant sur la taule de l'engin. Tout le monde semble attendre la même chose avec une impatience presque palpable dans l'air : l'arrivée.

Tournant le regard vers la fenêtre sale, tu essaies de voir quelque chose à travers son verre couvert de poussière, mais tu n'arrives à rien distinguer, hormis des dunes infinies de sable chaud. Il n'y a que ça à voir sur des kilomètres. Habitue toi.

Pourquoi l'Oasis ? La distance, Frisk. Ici, nous ne connaissons personne, ou du moins plus depuis dix ans, alors tu n'as pas à t’inquiéter de ce genre de détails, tu peux te laisser aller. Pas de rencontre désagréable, pas de peur que quelqu'un connaisse ton entourage, moins de risque que cela revienne jusqu'à Toriel. Tu vois ? Je pense à toi. Ici, nous sommes totalement libres d'agir. Je sens une peur soudaine, comme un sursaut de conscience en toi, mais je l'étouffe aussi vite. Ne t'en fais donc de rien, Frisk. Je veux juste te montrer quelque chose. Nous nous sommes mis d'accord sur cela, n'est-ce pas ? Bien que je sois le.a plus d'accord des deux, c'est un fait. Mais cela viendra. Prends ton temps. Laisse-toi juste guider, pour le moment.

Enfin, les vrombissements infernaux s’arrêtent, dans un dernier sursaut, comme si la machine était arrivée au bout de sa vie. Le chauffeur se tourne vers vous, regardant un instant l'assemblée, comme s'il n'arrivait pas lui-même à revenir de ce que ses yeux voient. Des hybrides. Des monstres. Un humain. Baissant sa casquette, il hausse des épaules, semblant finalement décider qu'il s'en fiche. Il est juste payé pour vous amener, ici, après tout, pas pour avoir un avis politique...  

«L'oasis Attrayante, quinze minutes d’arrêt. »

Dit-il avant de descendre, suivi de près par une la plupart des passagers. Seuls, un ou deux restent, probablement vont-ils plus loin dans le circuit de l'infernale machine. Tu les plains un peu, alors que les vibrations en continuent on réveillé quelque peu les douleurs de ton dos qu'une large blessure coupe toujours, malgré les soins reçu. Laisse moi faire. Voilà, c'est mieux ainsi, non ? De nouveau, la douleur te semble toujours présente mais plus lointaine. Moins importante à tes yeux. Beaucoup moins.

Les quelques hybrides présents descendent les uns après les autres, tandis que tu regardes la scène, l'air détaché.e. Tu es très peu venu.e à Miragestueux. Enfin, si, une ou deux fois, mais toujours pour des raisons politiques. Pour sourire à la caméra ou lire un discours à la place d'Asgore. Parfois, vous restiez quelques jours, mais quand cela arrivait, c'était toujours à cause d'autres réceptions, d'autres discours, d'autres apparitions public. Finalement, tu n'avais presque jamais eu le temps de réellement visiter, sauf une ou deux fois, où tu avais fait le mur, trop curieux.se pour accepter d'attendre une prochaine fois...

En silence, tu mets la capuche du sweatshirt gris foncé que nous avons acheté avant notre départ, te levant à ton tour, avançant d'un pas lourd jusqu'à la sortie de l'autocar, sous l’œil observateur des quelques passagers restants, mais aucun ne semble pouvoir replacer ton visage dans un contexte. Tant mieux. Une capuche c'est toujours mieux, quand on a un visage trop connu.

Dehors l'air est chaud. Sec, te donnant presque envie de tousser, alors que le soleil te semble bien rude. Dur, même. Comment peut-on vivre à l'année ici ? Tu as l'impression d'être de retour à Calciterre... Le soleil en plus. Déjà tu sens la sueur doucement apparaître sur ton front, alors que tu l'essuies d'un revers de manche. La chaleur, ça n'a jamais été ton truc. Une lueur dorée attire ton regard un instant, alors que tu passes ta main dessus, comme par habitude, comme par réflexe, sentant à travers moi que la progression est désormais gardé à cet endroit. Bien.

Soudainement, un sanglot attire ton oreille, alors que tu tournes lentement la tête vers la source du bruit, les mains toujours dans les poches. Il y a une petite fille. Cinq, six ans peut-être, qui pleure à quelques mètres de là. Ses joues humides et son visage rouge lui donnant un air grotesque, presque sale, me faisant sourire, alors que tu t'approches. Cependant, une monstre à multiple bras arrive sur elle avant toi, cachant soudainement la petite chose à ta vue.
Elle est impressionnante, cette monstre...

« J'ai perdu ma maman.»

Entends-tu alors que tu te rapproches en silence, dans le dos du monstre, le pas soudainement plus léger, l'allure... Prédatrice. Une impression de déjà-vu, non ? Tu regardes un instant la scène entre la petite fille et la dame monstre, avant de t'approcher d'un autre pas. Et d'un autre. Et d'encore un autre. Jusqu’à ce que ton ombre soit sur eux. Et je souris.

« Je peux vous aider ? J'ai cru entendre que cette petite était perdu ? Je connais bien l'Oasis...»

C'est faux, mais on s'en fiche. Tout ce qu'on veut, c'est s'en mêler, suivre cette histoire. Tant mieux, cela m'aidera à te montrer ce pourquoi on est là...

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Sam 3 Nov - 19:35
L'air de valse raisonnant au loin nous emplit de ...L’avantage vivre à la Surface, c’était la Beauté extraordinaire de ce monde. L’Underworld avait son charme, mais quand on était Monstre, la nouveauté restait toujours plus merveilleuse et plus belle encore. En trois années de vie à la Surface, Sakthys n’avait toujours pas vu tout ce que ce monde pouvait réserver. Miragestueux. Un endroit où Mirage et Majestueux ne faisaient plus qu’Un. Un tout absolument magnifique. Un tout absolument fantastique. La Monstre n’était jamais venue dans ce coin du Monde. Passant le plus clair de son temps à Soleilevant où son appartement se trouvait, elle n’avait que rarement le temps de voyager autant. Mais quelques semaines de vacances étaient bien méritées. Elle revenait d’ailleurs un court séjour à Bois-Sur-Mer après avoir rencontré quelques clients intéressants, elle avait consigné ses notes et HOP! Vacances! Quelques semaines à vivre tranquillement.

La demoiselle n’avait cependant pas imaginé qu’il ferait aussi chaud dans un tel endroit. Et son corps, qui tolérait habituellement si bien le chaud comme le froid, transpirait. Le soleil tapait terriblement fort sur sa peau sombre, lui donnant presque l’impression de cuire directement sur place. Comment faisaient les Humains, avec leur petite peau si fragile et leur corps déjà si chaud, pour survivre ici? Sakthys n’en n’avait pas la moindre idée. Peut-être que si leur petite peau claire brûlait facilement, ils attiraient moins la chaleur de l’astre soleil que la peau noire de Sakthys. Mais quelle idée de naître avec une peau aussi sombre, aussi noire que du charbon!

Soupirant, la Monstre ramena sa crinière de poils blancs au-dessus de sa tête pour les nouer avec un élastique. Déjà, il ferait moins chaud. Mais elle regrettait tout ce poil qu’elle avait autour de la taille. La chaleur. Elle la supportait probablement mal parce qu’elle n’y était habituée. Son corps tempérait bien la plupart des températures, mais ici… Ouf! C’était plus extrême.
La Monstre découvrait la région à pied, songeant à prendre le prochain autocar qui allait passer pour se rendre plus loin. Mais près d’elle des bruits de pleurs se firent entendre, captant son attention. Son regard bleu et rose se posa alors sur la gamine. Une petite fille, toute blonde, toute adorable. Une enfant Humaine! Sakthys avait l’impression de devenir complètement gaga chaque fois qu’elle voyait un môme humain. Ils étaient si adooooorables!

« Mais qu’est-ce qui se passe? »

Elle avait parlé d’une voix douce, se déplaçant doucement devant l’enfant, s’accroupissant autant que ses pattes le lui permettait.

« J'ai perdu ma maman.»

Le pauvre chou!
La Monstre lança quelques « tchuuuuut, tchuuuuut » à la petite pour tenter de la calmer, lui tapotant doucement la tête.

« Je peux vous aider ? J'ai cru entendre que cette petite était perdu ? Je connais bien l'Oasis...»

Sakthys sursauta, se tournant vers la provenance de cette voix. Un… une? Une jeune fille? Ou un jeune garçon? Elle n’aurait pas pu le dire. La voix pouvait appartenir à l’un comme à l’autre. Le physique, pour ce qu’elle en voyait, était assez…. Indéterminable? Un sweatshirt gris. Une capuche. Ni très grand. Ni très petit. Il. Elle. Impossible à dire.

« Vraiment? Oh, j’apprécierais beaucoup! Je ne connais pas beaucoup la région. » dit-elle à l’intention de Frisk avant de se tourner vers la petite, pour sécher ses larmes d’une main. « À quoi ressemble ta maman? »

« C’est la plus belle du monde. »

Un sanglot étranglé qui n’aidait pas vraiment Sakthys et son.a sauveur.se. Se tournant vers l’inconnu, elle se redressa lentement.

« Je m’appelle Sakthys! Et si cela ne vous embête pas, je crois que j’accepterais votre offre pour m’aider. Je ne sais pas qui est la mère de cette petite et… enfin, tous ces Humains se ressemblent tous. Sans… vouloir vous offenser. Cette petite était dans l’autocar avec vous? »

Sakthys avait vu quelques passagers descendre, elle en avait déduit qu’iel venait aussi de cette direction. Mais la petite? Non. Elle était là avant. Se grattant la nuque, la demoiselle détailla un instant l’enfant et l’inconnu.e. L’inconnu.e était jeune et semblait parfaitement adorable! Quant à la petite Humaine… Sakthys craquait complètement pour cette enfant.

« Tu vois, mon ami.e va nous aider à trouver ta maman, ma jolie. » souffla-t-elle à la petite avant d’adresser un sourire reconnaissant à Frisk. « J’espère que vous avez une meilleure idée que moi de ce qui est une « maman la plus belle du monde », parce qu’à mes yeux, tous les Humains sont absolument superbes. J’ai beau vivre ici depuis quelques années, je ne m’habitue pas pour autant! Oh! Sa maman a peut-être la même couleur de cheveux! »

Elle dégrafa un morceau de tissus de ses poils et s’en servit pour essayer le visage de la fillette pour en chasser toute cette eau salée. Elle lui murmura quelques mots réconfortants. Après tout, ils allaient tentés de trouver sa maman! Sakthys ne pouvait pas la laisser en pleurs au beau milieu de la place! Et puisque cette autre personne se proposait pour aider, elle comptait bien en profiter! Iel ne pouvait pas être une mauvaise personne, après tout. Tout le monde n’aurait pas eu envie d’aider cette petite Humaine.            
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Dim 4 Nov - 1:33
Jouons le jeuLa monstre, Sakthys, ne connaît pas non plus l'Oasis. C'est le plus important que j'ai noté de ses paroles. Ça, et le fait qu'elle confonde tous les humains. Parfait, c'est plus simple de gagner sa confiance ainsi. Alors que nous sourions tranquillement à ses paroles, comme un encouragement qui n'en est pas un, nous l'écoutons silencieusement se présenter et exprimer ses doutes de pouvoir retrouver les parents de cette enfant seule. Une maman jolie, c'est vrai que cela n'aide pas.
Bien qu'elle dise ne pas différencier les humains, tu préfères garder ta capuche, préférant garder un certain anonymat, raison pour laquelle d'ailleurs, nous ne nous sommes pas présentés, esquivant cette étape avec un sourire. Ce n'est pas parce qu'elle les confond tous, que c'est forcément le cas de tous les habitants que nous croiseront ici. Tu as raison...

Cependant, quelque chose m'interpelle. Cette petite, une humaine ? Plissant les yeux, je lance un regard inquisiteur à cette gamine, qui détourne alors le regard, légèrement nerveuse. Une humaine à l'Oasis, pourquoi pas, une enfant humaine à l'Oasis... Permettez-moi d'en douter. Mes yeux continuent à fixer la gamine, qui gigote sur elle-même, comme si elle voulait dire quelque chose. Mais elle ne le dit pas, ce qui t'arrache un grognement agacé. Je déteste les enfants... Je ne comprends pas l'attachement que tu as pour eux, Frisk. Et à cet instant, tu ne comprends plus non plus...
Soupirant, tu t'agaces face à ce jeu de regard entre elle et moi. Voulant savoir le fin mot de l'histoire, tu attrapes son bras, le tirant vers nous sans ménagement, ce qui découvre son poignet, relevant des écailles multicolores constellant sa peau. On pourrait presque croire du bodypaint, tant elles sont fines et incrustés à sa peau, donnant presque une impression de lisseur, de douceur, le soleil leur donnant un magnifique éclat.
J'en étais sûr.e. La perfidie des hybrides en action. Ni humain, ni monstre...

«  AIE ! »

Crit-elle, ta faisant immédiatement lâcher son bras, tandis que tu lèves les mains en signe de paix, toujours ce petit sourire sur le visage, faussement désolé.e, alors que la fausse humaine va se cacher derrière la monstre, nous regardant comme... Comme elle devrait nous regarder. Cela te contrarie un peu, comme si quelque chose n'allait pas, mais encore une fois, je me contente de calmer tes doutes. Ça va aller.

« Je voulais juste m'assurer de quelque chose. » Dis-tu en guise d'excuses, tournant la tête vers la montre, désignant la gosse d'un signe de la tête. Ça risque d'être encore plus compliqué que vous ne le pensiez, ses parents pourraient être n'importe quoi. Et ressembler à n'importe quoi... »

Hybride, monstre, humain. J'opterai pour hybride, cela serait le plus commun à l'Oasis, mais rien n'est certain. En dix ans, certains monstres se sont laissé avoir par les attraits ignobles de l'humanité, allant jusqu'à s'accoupler avec. Quelle horreur. Et voilà ce qui en sort. Un être sans racine. Sans identité. Une erreur qu'il faudra supprimer.
Tu fronces de nouveau les sourcils. Quelque chose t'interpelle, mais tu n'arrives pas à mettre le doigt dessus. Et plus le temps passe, plus cette impression devient vague. Tant mieux.

« Tu habites ici ? Après une hésitation, te lançant un regard suspicieux, elle finit par hocher doucement de la tête. Bien, on a une piste, si elle est du coin, son parent doit la chercher. On recherche donc... Une femme peut-être blonde. Un monstre à écailles colorées, ou une hybride qui mélange un peu tout ça. Je hausse des épaules, sarcastique, prenant ta parole. On va y passer la journée... Mais on ne peut pas laisser cette gamine toute seule. »

Insistes-tu, plus pour moi que pour Sakthys. Soit Frisk. De toute façon, nous avons tout notre temps, l'après-midi arrive certes à sa moitié, mais il nous reste bien du temps avant de devoir rentrer. Enfin, si on rentre...
Remettant correctement ta capuche en place, tu regardes l'entrée de la ville qui se dessine devant vous. La petite a dû perdre sa mère dedans, ayant cherché à la retrouver, elle a dû continuer sa route, et finir ici. Comprenant qu'elle était perdue, et plutôt que s'aventurer dans le désert, elle a eu la bonne idée de s’arrêter pour pleurer. Et nous l'avons trouvé.
Remontons la rue, Frisk. L'enfant nous fera signe, quand elle reconnaîtra quelque chose. Peut-etre... Et au pire, on finira bien par trouver quelque chose. Ou quelqu'un.

« Sa mère doit la chercher. Cherchons donc une personne qui aurait l'air d'avoir perdu une gamine, peut-être ? À mon avis, ça court par les rues, enfin, j'espère... »

Laissant la monstre prendre la main de la petite fille, tu enfonces de nouveau tes mains dans la poche ventrale de ton sweat-shirt, tandis que nous avançons, d'un pas léger, levant quelques nuages de poussières à chaque pas. Je me tourne un instant, effectuant une pirouette, pour leur sourire, de façon faussement réconfortant, leur faisant même un clin d’œil, tandis que je mène la danse.

« Suivez le guide ! »

Oh oui. Suivez-moi...


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Lun 5 Nov - 18:13
L'air de valse raisonnant au loin nous emplit de ...Sakthys ne voyait pas complètement le visage de l’inconnu.e, sous sa capuche, mais cela lui importait peu. Iel avait sûrement oublié son chapeau et souhaitait se protéger du soleil qui tapait si fort. Pas étonnant, avec cette petite peau si fragile et blanche qu’il fallait protéger! Si Sakthys mourrait de chaleur sous ce soleil de plomb, elle n’avait jamais eu la moindre brûlure à cause de cet astre. Mais elle plaignait ce.tte pauvre Humain.e sous ce sweatshirt. Iel devait avoir encore plus chaud que la Monstre.
D’ailleurs, Frisk observait la petite d’une façon plutôt… intense. Cela semblait mettre mal à l’aise l’enfant. Pauvre petit chou! Sakthys pouvait comprendre qu’elle soit si mal à l’aise, mais l’inconnu.e voulait simplement aider! Iel cherchait peut-être un indice pour déterminer qui était la mère de cette adorable petite. La couleur de cheveux, de yeux, de peau, les traits…

C’était si compliqué à avec ces Humains qui avaient tous à peu près les mêmes caractéristiques! Sakthys soupira. Elle avait encore trop l’habitude des Monstres qui étaient tous si différents les uns des autres!
La Monstre devrait travailler ce détail, éventuellement. S’habituer à différencier les Humains…

«  AIE ! »

Sortant de ses rêveries, la demoiselle Monstre porta son regard sur la petite qui venait de crier. Apparemment, l’inconnu.e avait saisit son bras. Iel venait de dévoiler de toutes fines écailles colorées. Sakthys retint avec peine un cri de joie. Une toute petite Hybride si mignonne!

« Je voulais juste m'assurer de quelque chose. Ça risque d'être encore plus compliqué que vous ne le pensiez, ses parents pourraient être n'importe quoi. Et ressembler à n'importe quoi... »

La Monstre caressa doucement les cheveux de la petite. Elle semblait en vouloir à Frisk, la mini-Hybride… Lui avait-il réellement fait mal? Non. Les enfants avaient tendance à hurler tout le temps. Elle se souvenait encore de la fois où une collègue avait amener son fils à l’Usine d’Alcet pour lui faire visiter. La mère avait voulu l’entraîner vers la salle à manger quand le petit s’était mis à hurler qu’elle lui faisait mal… alors qu’elle ne l’avait même pas touché. Ah! Ces enfants et leur imagination…

« Allons, ma petite, cesse de faire cette tête, mon ami.e veut seulement t’aider! Tu es vraiment une adorable petite Hybride. Mais je sens que nous allons devoir travailler fort pour retrouver ta maman. »

Iel avait raison. Trouver la mère de cette petite allait être… difficile. Humaine. Monstre. Ou Hybride. Les possibilités étaient presque infinies! Même les écailles ne voulaient rien dire. Si la mère était Humaine, elle n’aurait pas d’écailles…

« Vous avez raison, cela complique les choses. Vous avez l’œil pour repérer les Hybrides, dites donc! Je ne m’en serais jamais doutée! Dommage que cela ne fasse que compliquer davantage les choses… »  ajouta-t-elle pour Frisk, pensive.

Sakthys tenta de se rappeler si elle avait déjà vu ce genre d’écaille, par le passé, chez un Monstre de l’Underworld. La petite avait moins de dix ans, mais l’un des deux parents pouvant être Monstre, la demoiselle le connaissait peut-être. Pourtant, rien ne lui rappelait de telles couleurs ou une telle finesse de détails chez aucun Monstre. Frisk en profita pour questionner la petite. Elle vivait ici. Tant mieux. Et Frisk avait raison, hors de question de laisser la petite seule! Sakthys acquiesça, convaincue qu’iel s’adressait à elle.

« Sa mère doit la chercher. Cherchons donc une personne qui aurait l'air d'avoir perdu une gamine, peut-être ? À mon avis, ça court par les rues, enfin, j'espère... »

« Effectivement… »  elle prit la main de la petite en lui faisant son plus beau sourire et suivit l’inconnu.e si généreux.se de les aider! Décidément, les Humains étaient nombreux à avoir un cœur en or. Tout le monde n’aurait pas nécessairement voulu donner un coup de main.

« Suivez le guide ! »

Elle emboîta le pas, prenant bien garde à suivre le rythme de la petite qui reniflait à ses côtés.

« Si j’étais sa mère, je serais probablement hystérique dans les rues à hurler et crier pour tenter de retrouver mon enfant… Monstre, Humaine ou Hybride, cette femme doit être paniquée. »

Suivant Frisk, Sakthys prêtait une oreille attentive. De temps en temps, elle murmurait à la petite de ne pas s’en faire, que son ami.e et elle allaient retrouver sa maman. Elle tenta même de soutirer à la petite quelques autres renseignements sur son parent, mais n’obtint rien de plus que la même réponse précédent « la plus belle maman du monde ». Faisait-elle simplement la différence entre un Monstre, et un Humain? Ou un Hybride? Peut-être pas. Pour elle, sa maman était peut-être simplement sa maman.
À quelques passants, la demoiselle s’informa concernant la petite Hybride. « La connaissez-vous? »  demandait-elle. Au moins, elle réussissait à obtenir des haussements d’épaules. Au pire, on l’envoya balader. Pf! Ces gens sans le moindre respect!

« Si certains pouvaient nous mettre dans bâtons dans les roues, ils le feraient rien que par plaisir. »  pesta-t-elle à l’intention de Frisk. « Désolée. Les Humains qui n’apprécient pas les Hybrides et les Monstres ont parfois tendance à me faire croire que ce monde est une cause perdue. Enfin… sans vouloir vous offenser. La plupart des Humains sont parfaitement fantastiques, mais ces exceptions me font parfois regretter d’être sortie de l’Underworld. »  elle soupira, avant de reprendre, avec un sourire à l’intention de Frisk : « J’apprécie vraiment ce vous faites pour m’aider à retrouver la mère de cette petite. Vos parents doivent être fier de vous! »

Elle avait du mal à lui donner un âge précis, mais iel ne semblait pas avoir plus d’une vingtaine d’années. Peut-être moins. Dans tous les cas, pour Sakthys, c’était un.e bon.ne Humain.e, prêt.e à aider les autres.

« Regardez, là-bas… Je crois que nous avons trouvé cette fameuse maman… »

À quelques rues, une jeune femme pleurait. Ses bras nus étaient recouverts des mêmes écailles étincelantes que la petite. Une Hybride, elle aussi. Entraînant la petite et Frisk, Sakthys s’approcha de la jeune femme, tout sourire, poussant doucement l’enfant vers sa mère.

« OHHH! Vous avez trouvé ma fille! Oh bon sang! Merci! Merci! Merci! Son imbécile de père devait la déposer chez moi, mais au lieu de cela, il l’a foutu dans le premier autocar partant de chez lui. Cet imbécile! Elle n’a même pas encore six ans et il me la balance toute seule dans l’un de ces véhicules sans me prévenir! Écoutez… Pour vous remercier, venez donc chez moi! J’ai de quoi vous préparer à dîner. Qu’en dites-vous? »

Sakthys se tourna vers Frisk. Elle, elle avait toute sa journée, mais lui.elle? Et elle ne voulait pas s’inviter toute seule chez cette femme. Non pas qu’une Hybride la mettre mal à l’aise, mais Frisk avait beaucoup aidé! S’il n’avait pas eu de soupçon concernant les écailles de la petite, Sakthys aurait cherché longtemps cette femme…

« Qu’en pensez-vous, mon ami.e? Je vous suis. Après tout, c’est vous qui avez trouvé l’hybridation de la petite. Vous avez été fantastique! Absolument fantastique! Vous aviez raison, de ne pas vouloir laisser cette petite seule. Moi-même je vous dois mes plus sincères remerciements! Un jour, je vous rendrai la pareille. Je vous filerai le numéro de mon overphone. S’il y a quoi que ce soit, vous n’aurez qu’à m’appeler! »

Pour Frisk, elle aurait fait n’importe quoi. À ses yeux, son aide avait été plus que précieuse. Et voir cette mère étreindre avec autant d’amour cette petite qui sanglotait… Sakthys en avait les larmes aux yeux.                
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Pfiouuu, j'ai tenté de ne pas me mélanger dans les "Iel", j'espère avoir réussit! X)
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Sam 10 Nov - 19:05
Il en reste trois...Sakthys a raison. Nous devrions chercher quelqu'un semblant au bord du gouffre. Voilà qui devrait être facile à repérer, n'est-ce pas ? L'oasis est différente des autres endroits où l'on peut voir des hybrides à profusions : ici ils sont heureux. Ici, ils sont libres d'être eux même. Voilà pourquoi un visage triste ne saurait pas se fondre dans la masse. Pas dans cette ville, en tout cas...

Tournant le regard, tu écoutes tes deux suivantes discuter, alors que la monstre cherche à en apprendre plus sur la mère de l'enfant, en vain. Cette enfant n'a rien à nous dire de sa mère que nous sachions déjà, comme si son amour pour elle éclipsait tout début de description à ses yeux. Preuve évidente, encore une fois, que les sentiments affaiblissent l'esprit. Je te plains Frisk, tu sais ? Être ainsi tout.e plein.e de ces choses complexes qui te freinent et de gênent, te ralentissant au lieu de t'aider à t'élever. Mais ne t'en fais pas, bientôt, je trouverai une solution à ton problème... C'est pour toi que nous le faisons, tu sais?

Laissant Sakthys essayer de trouver quelqu'un qui pourrait vous renseigner sur la gamine, tu regardes la scène, détaché.e, comme si l'idée de la retrouver ne t’intéressait plus tant que cela, une fois plus personne pour regarder ton jeu de scène. Il y a bien l'enfant qui nous fixe, du coin de l’œil, mais à peine lui lançais-je un sourire qu'elle détourne le regard, comme si elle craignait tout autant qu'elle cherchait à attirer notre attention. Amusante, non ? Dommage que nous n'ayons pas le temps de nous amuser, pour le moment...

La monstre peste sur le peu de coopération que nous obtenons de la foule, tandis que j'hausse mollement des épaules, étant aussi peu sûr.e qu'elle qu'il y est quelque chose à tirer de l’union monstre-humains. Elle a raison, tu sais. Tout ce que vous faites, tout ce que vous essayez de construire depuis dix ans n'est qu'une cause perdue d'avance, un mensonge dont tout le monde essaie de se convaincre en oubliant qu'il repose uniquement sur du vent. Les monstres et les humains finiront de nouveau par se battre, et cette fois, je doute qu'ils refassent la même erreur. En soit, cela m'importe peu. Je me fiche parfaitement de l'issue d'une guerre, ce genre de débat est désormais bien en dessous de ma personne, de mes intérêts. Tout ce que je veux, c'est détruire l'humanité. Puis ce monde, peut-être, sur ce point, je ne suis pas encore fixé.e. Qu'est-ce que tu en penses, toi, Frisk ?

Comme répondant à la fois à ma question et aux remerciements de la monstre pour l'aider que tu lui apportes malgré que tu sois Humain, tu grognes vaguement, dodelinant doucement de la tête, comme si tu réfléchissais. Tu cherches comment tu aimerais que tout cela finisse. Mais tu ne trouves pas de réponse. Tout semble avoir disparu.
Il te semble que tu voulais... Que tu voulais quoi ? Tu essaies, c'est comme si tu l'avais au bout de la langue, mais cela t'échappe, restant hors de ta portée, comme c'est étrange. C'est comme si tu étais coincé entre l'instant séparant le sommeil du réveil, englué.e dans ces quelques secondes qui sépare l’irréel du réel. Et dans cet infini espace temps, tu sombres. Doucement. Sûrement. Ce n'est pas grave si tu ne sais pas ce que tu veux, Frisk. Moi je le sais pour deux...

«  C'est un plaisir de vous aider, Sakthys. J'espère que vous saurez me rendre la pareille le moment venu... »

Dis-je en lui souriant de toutes tes dents, lui adressant un clin d’œil amusé, comme si cela était des paroles sans sens. Ce n'est pas mon genre, mais c'est assez le tien pour que cela semble logique, cohérent avec ta façon d'être, avec tes paroles toujours trop charmeuses, derrières lesquelles tu caches tes peurs et tes doutes.
Cependant, tu reprends tes fils alors que la mère tant recherchée apparaît enfin, toute en larme et en désespoir, comme nous l'espérions. C'est une hybride. Une horreur d'hybride. Voilà qui rendra notre travail plus... Simple. Tes mains se serrent dans ta poche sous ma colère.

Tandis que tu avances, d'un pas traînant, la petite fille court vers sa mère, criant pour l'interpeller alors que la femme hybride relève soudainement la tête, se levant d'un bon pour courir à son tour vers son abjecte progéniture, qu'elle attrape, la faisant voler dans les airs avec tant de soulagement et de joie que cela t'arrache un sourire. Tu es heureux.se . Pourquoi ? Qu'est-ce que leur soulagement t'apporte, Frisk ? Ne te réjouis pas du bonheur des autres, focalise toi uniquement sur le nôtre...

La mère abjecte se confond en remerciements et en larmes, nous invitant même à dîner chez elle, pour nous remercier. Quelle délicate attention, dite-moi... L'idée me plaît. En fait, cela va parfaitement avec ce que je voulais te montrer. Cela sera peut-être même plus simple, comme ça. Une nouvelle fois, tu fronces les sourcils, certain.e pendant un instant que tu devrais refuser... Avant d'oublier pourquoi. N'y penses pas trop, d'accord ?

Sakthys attend notre réponse, toute tournée qu'elle est vers nous. Manifestement, elle n'avait aucune envie d'y aller seule. Cela nous ferait donc qu'il y en aurait trois ? Délicat, mais faisable. Accepte Frisk, profite du repas, je m'occuperai du reste. Passant une main dans tes cheveux, comme si tu essayais toujours de te rappeler de quelque chose, tu fronces les sourcils, semblant, l'espace d'un instant, quelque peu perdu.e. Tout va bien, combien de fois me faudra-t-il te le répéter ? Une chance que je sois d'une infinie patience...

« Eh bien, je... J-e n'ai rien de prévu non plus...  »

Puis, tandis que Sakthys propose de te rendre la pareille, je souris, amusé.e par son offre. Va pour un numéro - même si je doute qu'il aura le temps d'être utile. Toi, tu es heureux.se, tout.e en joie d'avoir pu aider quelqu'un, toute en allégresse de te voir ainsi offrir l'overphone d'une nouvelle personne, sortant alors le tient pour noter son numéro, tout en offrant le tient. Tu souris.

« Je m'appelle Frisk. Je... Je suis content.e d'avoir pu vous... Tu cherches le mot. Il t'échappe un instant. Mais tu arrives à le saisir malgré mes efforts. Vous aider, vraiment.

À quoi joues-tu ? L'équilibre reste délicat. Il suffit que je m'éloigne un instant, pour que tu reprennes tes mauvaises habitudes. La bonté n'apporte rien Frisk, hormis la faiblesse. Cependant le mal est fait, alors que la femme hybride pose une main devant sa bouche, l'air surprise, tandis qu'elle t'examine comme si elle te voyait réellement, cette fois. Voilà, elle vient de replacer son visage. Félicitation...

- Vous êtes...

- Ah... Ouais. Évitons le sujet, 'voulez bien ?

Dis-tu, passant une main gênée dans tes cheveux, alors que tu n'as aucune envie de laisser le sujet retomber sur la table. L'ambassadeur.drice des monstres, l'enfant qui fit tomber la barrière, bref, on sait tous qui tu es. Et c'est beaucoup trop de poids pour tes petites épaules fatiguées, je le conçois. Allez, redonne moi la main, Frisk, je m'occupe de ce point.

- Oh je comprends ! Ce sera en tout cas un honneur de vous avoir à ma table.

- Et bien j'accepte alors ! J'ai une faim de loup... Et je n'ai jamais mangé hybride.

Dis-je avec un clin d’œil, tournant une nouvelle fois sur moi-même comme emporté.e par la joie du moment avant de me stopper face à Sakthys, faisant sourire la femme hybride, qui semble prendre cela comme un compliment, et mes paroles comme une plaisanterie d'enfant. Pauvre sotte. Prenant les mains de la monstre, les serrant, je lui offre mon plus beau sourire, tandis que ma capuche tombe, révélant un regard dorée, dont l'éclat rouge ne peut lui échapper, alors que mon regard se fixe dans le sien.

- Et j'espère que vous viendrez, je compte bien vous dévorer vous aussi ! »

Dis-je en riant, reprenant ton air charmeur, disant cela comme on dirait une blague légère, sans conséquence. Sans importance. Ah, qu'est-ce qu'on s'amuse, hein, Frisk ? J'espère que tu vas jouer, toi aussi, quand le moment viendra...

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Dim 11 Nov - 16:18
L'air de valse raisonnant au loin nous emplit de ...«  C'est un plaisir de vous aider, Sakthys. J'espère que vous saurez me rendre la pareille le moment venu... »

« Bien entendu! Je suis une Monstre de principe, je serais bien peu recommandable si je ne vous rendais pas la pareille un jour. C’est la moindre des choses. » fit-elle, très sérieuse.

Si l’inconnu.e avait semblé prendre cela davantage pour une blague, pour la Monstre, c’était une promesse des plus sérieuses. Elle n’hésiterait pas à aider cette jeune personne en retour de toute cette aide. Sakthys était une Monstre qui aimait beaucoup ce principe du « donnant-donnant ». Si on l’aidait, elle aidait en retour. C’était tout aussi simple. Un bon échange de services. Et puis iel prenait de son temps pour filer un coup de main, ce n’était pas rien. À elle, une Monstre! Iel aurait très bien la laisser se débrouiller seule. Même chose lorsqu’iel avait constaté que la petite était une mini-hybride. Pourtant… iel était resté.e.

Et la petite ayant retrouvée sa maman, Sakthys était d’autant plus ravie d’avoir pu avoir Frisk à ses côtés. Le fait de ne pas chercher seule, ça avait été une bonne chose. Iel était un peu étrange, mais assez sympathique. Pas très bavard.e, mais en même temps, Sakthys avait tendance à parler pour deux.
Et avec cette invitation à manger de la part de la mère de la petite… Sakthys ne voulait pas en profiter toute seule. D’abord parce que l’inconnu.e l’avait supporté, mais aussi parce qu’elle ne se sentait pas nécessairement très à l’aise d’accepter si la seconde moitié du duo se désistait.

Lorsqu’iel annonça qu’iel n’avait rien de prévu, Sakthys sourit de toutes ses dents. Et elle lui donna aussi au passage le numéro de son overphone. En cas de besoin, iel pourrait contacter Sakthys n’importe quand. La Monstre se ferait un plaisir de lui accorder un coup de main, quel qu’il soit! Elle lui devait bien cela. La demoiselle nota au passage le numéro de… Frisk. Frisk? L’Ambassadeur des Monstres?

- Vous êtes...

- Ah... Ouais. Évitons le sujet, 'voulez bien ?

La mère Hybride semblait aussi surprise que Sakthys. Elles échangèrent d’ailleurs un regard, Sakthys l’air de dire « Je n’en savais rien! ». Frisk. La personne, l’enfant qui avait libéré les Monstres. Jamais la demoiselle sombre n’aurait cru qu’elle rencontrerait un jour ce personnage si important. D’un coup, Sakthys se sentait… toute petite. Frisk. S’iel savait à quel point iel avait changé sa vie… Non… Iel le savait. Mais Sakthys avait l’impression de vivre une sorte de rêve éveillé. Rencontrer le.a véritable Frisk!

- Oh je comprends ! Ce sera en tout cas un honneur de vous avoir à ma table.

- Et bien j'accepte alors ! J'ai une faim de loup... Et je n'ai jamais mangé hybride.

Sakthys ne sembla revenir à la réalité que quand les mains chaudes de l’Ambassadeur des Monstres toucha les siennes. La capuche tombante, dévoilant son visage. Oui… c’était Frisk…

« Frisk… » un souffle, à peine plus qu’un murmure.

Un regard doré à l’éclat rouge. Un visage si… androgyne. Si… jeune.

- Et j'espère que vous viendrez, je compte bien vous dévorer vous aussi ! »

L’espace d’un court instant, Sakthys n’eut aucune réaction. Comme si l’information mettait du temps à se rendre à son cerveau. Elle semblait encore trop impressionnée pour réalisée pleinement ce qui se passait.
Lorsqu’enfin elle éclata de rire, la demoiselle offrit son plus beau sourire à Frisk.

« Me dévorer? On m’avait dit que vous aimiez flirter, mais je n’en n’ai jamais cru un seul mot. Je crois que je me suis trompée. » dit-elle entre deux éclats de rire. « Je viendrai, Frisk. Et ce sera avec le plus grand plaisir! »

Partout où Frisk voudrait bien l’amener, elle irait. Cet.te enfant… ce.tte jeune adulte avait sauvé tous les Monstres de l’Underworld, après tout. Elle lui devait bien plus qu’à n’importe qui d’autre.

« Je ne pensais pas avoir la chance de vous rencontrer un jour. Je… merci… pour tout ce que vous avez fait pour nous. Je… Vous avez fait tellement pour nous… »

L’émotion se ressentait dans sa main. Deux autres mains vinrent serrer avec douceur celles de Frisk qui tenait les siennes. Si elle ne s’était pas sentie aussi gênée, elle l’aurait probablement serré.e contre elle. Sakthys ne fit pas durer trop longtemps non plus le contact de ses mains. Elle savait qu’iel n’était pas un pauvre petit être fragile, pour autant, connaissant sa tendance à la maladresse, elle préférait éviter d’en venir à blesser l’Humain.e.

« Venez! Ma maison n’est pas très loin d’ici. »

La maman avait séché ses larmes. La petite aussi. Il lui arrivait parfois de regarder Frisk comme un être étrange. Peut-être ne comprenait-elle pas à quel point cet.te Humain.e-là était important.e. Elle était, la petite Hybride, trop jeune pour comprendre, à n’en pas douter.
La femme Hybride, la main de sa fille dans la sienne, leur montra le chemin. Sakthys suivit, entraînant Frisk. Sa queue d’anguille se balançait joyeusement derrière elle. Il y avait longtemps qu’elle ne s’était pas sentie aussi… euphorique. Rencontrer Frisk! Une chance totalement inouïe!

« Si on m’avait dit qu’un jour je rencontrerais Frisk… Nous aurions pu nous croiser, il y a dix ans, quand vous êtes arrivé sous le Mont Ebott. Vous avez été absolument fantastique! Je ne crois pas que tous les Monstres auront assez de toute une vie pour vous remercier. J’aimais l’Underworld, mais la Surface, c’est… vivifiant. Quand je pense que j’ai le numéro de votre overphone! » elle rougit, sous sa peau sombre, réalisant tout ce que cela impliquait. Iel avait gardé sa capuche pour ne pas se dévoiler… Iel avait attendu. « Désolée! J’ai l’impression d’être une petite étudiante qui rencontre son idole. »

Visiblement mal à l’aise d’un tel aveu, la Monstre passa une main dans sa tignasse blanche, reportant son regard sur la mère Hybride. Ils n’avaient marché que quelques minutes avant d’arriver à ladite maison. Sakthys laissa Frisk entrer le premier, le.a suivant, se penchant légèrement pour ne pas fracasser son front contre le cadrage de la porte.

« Oh… j’espère que je ne briserai rien… Oups! Pardon, désolée, Frisk. Je ne veux surtout pas vous assommer. »

Le petit portique était étroit. Et Sakthys tentait de déplacer sa lourde queue aux allures d’anguilles sans briser les bibelots ou les cadres sur les murs. Pour autant, cela ne l’empêcha pas de frôle la tête de Frisk.

« Pardon! Je suis d’une maladresse incroyable… surtout dans ces maisons si… petites… »

La mère Hybride semblait bien se marrer. Sakthys l’entendait rien, quelques pas plus loin. Elle ne la voyait pas, puisqu’elle était beaucoup trop occuper à ne pas assommer l’Humain.e.                   
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Sam 17 Nov - 1:41
Il en reste deux...Tu le sens, quelque chose arrive. C'est comme si tu pouvais le sentir, comme si l'air était chargé d'une électricité que toi seul.e pouvait sentir, que toi seul.e pouvait goûter, la sentant te piquer le bout de la langue comme pour t’avertir. Te prévenir. Il y avait quelque chose de beaucoup trop familier dans cette scène, quelque chose qui t'affole du plus profond de ton être englué dans une pâteuse fatigue, dans l'épuisement mental. Quelque chose ne va pas, mais tu n'arrives plus à trouver quoi. Quelque chose te déplaît, néanmoins, tu en es sûr.e. Et tu t'accroches à ce sentiment, à cette impression, comme si, si tu venais à la perdre, plus rien ne pourrait t’empêcher de tomber.
À chaque fois que tu as l'impression de pouvoir le comprendre, de pouvoir trouver les mots qui te manquent, quelque chose t’empêcher d'atteindre ton but. Et pour une fois, ce n'est pas moi, mais la monstre qui te serre les mains, te faisant part de tant de gentillesse, que cela te perturbe dans tes réflexions. Tu n'as pas le sentiment de mériter les égards qu'elle te fait, loin de là.

Alors que vous suiviez l'hybride jusqu'à chez elle, la monstre - qui ne semble plus tenir depuis ton idiote révélation d'identité - laisse sa joie la rendre euphorique. Elle gigote, elle parle, elle s'amuse. Elle ne tient plus, et te fait soudainement part d'une admiration, d'une... Dévotion, qui encore une fois te sidère, te laissant dans un profond état de gêne, tandis que tu passes une main dans tes cheveux. Sakthys semblerait pouvoir aller au bout du monde pour toi, et cela te touche... Tout autant que te mortifie. Tu sais ce qu'on risque à faire confiance à un loup trop souvent pris pour une brebis, et tu aimerais lui dire mais... Mais tu es trop fatigué.e pour cela, non ? Laisse tomber, il est trop tard, de toute façon.

«  Ne me remerciez pas. Vraiment. »

Non. Ne remerciez pas la personne qui vous a tué tant de monstres, tant de fois, juste pour répondre à sa curiosité. Juste pour savoir ce qu'il se passerait si elle allait toujours plus loin. La culpabilité t'empoigne de nouveau... Oh, c'est si lassant, Frisk. Et pourquoi ne pourrait-elle pas te dire merci, hum ? D'une façon ou d'une autre, nous les avons libérés, nous l'avons fait ! Ils attendaient l'ange, et il est venu, leur apportant la délivrance. La prophétie avait raison, alors accepte-le. Libère toi de cette culpabilité qui t’enchaîne, laisse-moi la prendre pour toi, d'accord ? Nous sommes partenaires, non ? C'est donc la moindre des choses. Toi... Contente toi de sourire, de remercier cette femme, et de suivre l'hybride jusqu'à chez elle.
Tout ira bientôt mieux pour toi. Fais moi confiance.

«Mais... Je suis content.e de savoir que la surface vous plaît. Vous ne méritiez pas moins. »

Oui. Au fond, elle touche tout de même quelque chose, avec ses mots maladroits, avec ses remerciements trop nombreux. Elle te donne un peu envie de sourire, même si sa gratitude est trop lourde à porter. Elle est heureuse. Elle aime la vie qu'elle possède, elle aime cette liberté qu'ont acquis les monstres, et l'entendre de vive-voix réchauffe quelque chose, en toi. Quelque chose que je étouffe. Plus tard, Frisk. Ne t'attache pas à cette monstre. Tu vas nous compliquer la tache, sinon...

Regarde, l'enfant nous fixe toujours. Elle doit le sentir.
Je ne sais pas comment cela marche, je l'ai remarqué, c'est tout. Il y a ceux qui ne voient rien, et ceux qui comprennent juste assez pour être interpellé. Ils ne savent pas quoi, et généralement, prennent cela pour de la folie. Ils ont raison, dans un sens. Ils comprennent que quelque chose cloche, mais n'ont pas les bonnes clés pour l'interpréter comme il se doit. Qui pourrait comprendre le secret qui te ronge et rampe dans ton dos ? Si l'enfant avait été plus vielle, cela aurait pu poser problème, c'est vrai, mais ce n'est qu'une petite et pleurnicharde gamine. Qui va l'écouter ? Elle n'est pas grand chose, au pire, on prendra cela pour de la timidité, et on oubliera de faire attention aux signes qui crient au loup.
Il paraît que le diable se cache dans les détails, tu le savais ? Je trouve cette expression très amusante. C'est vrai, c'est aux détails que l'on me remarque...

Après quelques minutes, c'est une petite maison sans étage qui nous fait face. Pas de voisinage ? De mieux en mieux... Tournant la tête, j'observe les lieux, avec cette désagréable sensation d'être observée qui ne me quitte pas. Pourtant, la gamine a disparu dans la maison, emboîtant le pas à sa mère, son regard inquisiteur a donc cessé de me fusiller. D’où vient cette sensation, alors ? Tu la sens, toi aussi, Frisk ? Évidemment, alors qu'elle te picote le cou, te donnant envie de te retourner, ce que tu ne fais pas. Nous devons rester naturel.le.s, rassurant.e.s. Agir comme des fugitif.ve.s pourrait alerter Sakthys, à deux pas derrières nous. Évidemment qu'on nous regarde Frisk, dois-je te rappeler que notre capuche est tombée ? Nous sommes repérés, découverts, et tout le monde saura bientôt que tu es là.
Autant continuer, alors...

« Attention ! »

Dis-tu en rattrapant l'un des vases que le corps encombrant de Sakthys faillit faire tomber, souriant à la monstre qui continue de s'excuser, toute ''rouge'' qu'elle est devant sa maladresse qui semble la mettre très mal à l’aise. Un rire, presque doux, t'échappe. Oui, elle te donne envie de t'attendrir. Tu reprends la main, le contrôle, malgré moi, parlant avec plus de gentillesse qu'il ne le faudrait. Pourquoi fais-tu cela, qu'est-ce que ça t'apporte ?

« Vous n'avez pas à vous excuser. Ce n'est pas vous qui êtes maladroite, ce sont ces maisons qui n'ont pas été bien pensées pour accueillir quelqu'un d'aussi renversant. »

Dis-tu avec un clin d’œil pour appuyer ta petite touche d'humour, comme si tu cherchais à détendre l'atmosphère, comme si cela changeait quelque chose à ce qui se prépare. Toujours à vouloir aider ton prochain, hein ? Tu es comme cela, Frisk, nous n'y pouvons rien, tu as passé trop de temps à vouloir être quelqu'un de bien, et ça a laissé des traces. Même au bord du précipice, même en sentant la tempête frémir sous tes doigts, alors que ton équilibre ne tient qu'à un fil, tu ne peux t’empêcher de tout faire pour que les choses se passent bien pour les autres. Tu veux leur apporter un peu de bonheur, un peu de joie, tout en ayant inconsciemment connaissance du fait que tu les envoies à l'abattoir. Mais tu as la sensation de ne rien pouvoir y faire, au fond. Tu sais ce qu'il va se passer, Frisk, n'est-ce pas ? Et pourtant tu ne fais rien. Essaies-tu de te donner bonne conscience en rendant ses dernières heures plus agréables ?
Ne ferme pas les yeux. Pas cette fois...

« Installez-vous au salon, je vous apporte de quoi vous rafraîchir ! »

Préviens la femme hybride, tandis que tu aides Sakthys à rejoindre le salon sans rien casser ou renverser. Ce n'est pas une tache facile, mais tu le fais avec désinvolture, avec patience, sans montrer la moindre gêne ou ennui face à cela, comme si l'aider était tout ce qu'il y a de plus naturel pour toi. Tu le fais depuis dix ans maintenant, alors forcément, tu as pris le coup de main. Les chaises seront probablement trop petites pour une monstre de sa carrure. Elle risque de les casser, et d'être encore plus désolée, penses-tu en examinant le salon. Il faut que tu trouves une solution. C'est ton rôle.

« Attendez un instant... Dis-tu en la laissant à l'orée du salon, tandis que tu examines les lieux, une main sous le menton, prenant le temps de réfléchir. Pas de canapés. Dommage, tu aurais pu l'installer dedans sans trop de risque. Les fauteuils eux sont trop petits, bien qu'ils aient l'air confortables... Hésitant.e un instant, tu finis par avoir une idée, alors que tu enlèves les énormes coussins de chaque fauteuil pour les placer ensemble sur le sol, proche de la table basse.Tu hausses des épaules, ne pouvant faire mieux pour cette fois. Bon... Ce n'est pas top, mais ça devrait faire l'affaire, non ? »

Prenant toi-même un coussin, tu te poses à cotés de ton œuvre, décidé.e à rester au sol, toi aussi, tapotant les coussins pour lui faire signe de se poser à son tour. La petite fille, d'ailleurs, semble plutôt bien prendre votre initiative, allant s’asseoir sur un coin du tapis, comme si l'idée de tous se poser par terre était une merveilleuse idée. Tout le monde se réunie dans la même pièce. Parfait.

La mère revient après quelques instants dans le salon, alors que tu aides Sakthys à bien positionner sa queue qui, sous la joie, semble un peu rebelle. D'abord surprise par ton initiative, l'hybride finit par pencher un peu la tête sur le côté, comme si elle soupesait l'idée. Ce n'est pas de ta faute si son salon n'est pas du tout adapté à la morphologie des monstres, toi, tu te contentes d'améliorer les choses à ton niveau. L'hybride hoche de la tête, s'étant sûrement fait la même remarque. Posant les verres de thé glacé sur la table, elle prend à son tour un coussin, venant se poser à coté de vous, ce qui te fait sourire.
Ecoeurant.

«  Je ne vous remercierai jamais pour ce que vous avez fait. Dit-elle en soupirant une énième fois, passant une main affective dans les cheveux blonds de son enfant, qui sourit en buvant son thé à la paille. Te regardant, puis regardant Sakthys, elle reprend. Mais dites-moi, qu'est-ce qui vous amène à l'Oasis tous les deux ?

- Les affaires... »

Réponse simple et sommaire, qui laisse la place à la réponse de Sakthys. Autant éviter les détails, tu ne penses pas ? Que pourrions-nous répondre d'autre à cela, alors que mes yeux continuent d’examiner le salon, et que l'enfant qui nous fixe de nouveau. Je n'aime pas son regard bleu, tu sais. Il me tarde de ne plus le voir...

Tu as quelques difficultés à respirer, alors que les minutes passent et que la discussion se fait entre vous. Tu essaies de jouer le jeu mais très vite, tu n'y arrives plus, semblant tout simplement à bout de force. Tu remarques alors que ton front couvert d'une fine pellicule de sueur que tu effaces d'un revers de la manche, tandis que ce qui, jusqu'alors, n'était qu'une simple gêne dans ton dos, redevient lentement, mais sûrement, une douleur accablante. Insupportable...
A quoi t'attendais-tu, Frisk? Si tu reprends la main, je ne peux plus t’alléger de cela. Si tu reprends ton corps entièrement, tu le reprends avec sa fatigue, ses blessures, et cette douleur qui, plus elle t’apparaît, et plus elle te semble inacceptable. Elle te terrasse, juste assez pour que ta prise faiblisse, me permettant de reprendre la main, malgré ta frustration de me la laisser. Ne t'en fais pas, je le fais pour nous deux. Allons, abandonne, tu as assez joué Frisk, c'est à mon tour, maintenant. J'accepte de partager les commandes avec toi, mais n'abuse pas de ce privilège. Tu as pu faire tes bonnes actions, tes bons choix. Tu as pu plaire et satisfaire ta culpabilité.
Laisse moi donc continuer la suite de l'histoire...

« Ah, j'ai oublié les apéritifs ! »

Se souvient soudainement l'hybride, comme pour me donner raison. Me levant avec amusement, lui faisant signe de rester assisse, je me dirige avec plaisir vers la seule porte permettant de sortir du salon. Profitons de ta nature avenante pour nous engouffrer dans cette opportunité, tu veux ? Tout le monde s'attend à ce que tu rendes service, alors c'est exactement ce que je vais faire. Je souris avec joie à cette idée.

« Ne vous dérangez pas, je vais aller les chercher.

- Vous êtes un ange. s'exclame-t-elle, sans méfiance aucune. La cuisine est au fond à droite. »

Hochant la tête, je disparais alors dans les couloirs, arrivant au bout d'une ou deux pièces à l'endroit tant attendu. Enfin, nous avançons dans cette histoire. Je suis d'un naturel patient, c'est vrai, mais pour cette fois, je préfère ne pas tarder trop. Je te vois venir Frisk, avec tes yeux qui se perdent sur la monstre, que tu regardes avec cette curiosité pétillante. Si je te laisse faire, je sais déjà ce que tu vas faire. Aimer, comme tu le fais à chaque fois. Et plus tu aimerais, plus cela rendra la suite difficile... Pour toi, certes, mais plus cela sera difficile pour toi, et plus cela rendra ma tache pénible.
Or, je suis là pour te montrer quelque chose. Et pour te le montrer, il faut que tout reste simple.
Ne laisse personne toucher ton cœur, tu m'entends ? Ne laisse plus de place pour l'amour, c'est d'autre chose que tu dois t'emplir...

J'aime les cuisines. Tu sais pourquoi ? Premièrement, car on y trouve toujours des armes. Les couteaux sont fantastiques contre tout le monde, qu'ils soient de magie ou de chairs. Les humains sont plus fort physiquement que les monstres, c'est vrai, mais perce y quelques trous et ils meurent aussi, il n'y a pas de secrets. Nous avons assez fait les frais de la faiblesse d'un corps humains pour que tu saches que trop bien à quel point vous êtes faillible...
J'ouvre les tiroirs pour choisir, tombant au troisième coup sur ce que je cherche. Regarde tout cet attirail. Il y en a des grands, des petits, aussi. Je n'aurais pas le temps d'insuffler ma détermination dedans, hélas, alors il faudra compenser sa faiblesse par une taille acceptable, en attendant de pouvoir récupérer ma vraie arme. Celui-là est pas mal, tu en penses quoi ?
Oui, oui, il est parfait. Je le sens.
Tout va enfin reprendre.
Comme cette idée me plaît. Pas toi, Frisk ?

La deuxième raison qui fait que j'aime les cuisines, Frisk, c'est qu'il y a souvent du chocolat. Ouvrant le frigidaire, j'en trouve d'ailleurs une tablette à moitié entamée en fouillant entre les tomates et un paquet de jambon. Du noir, mon préféré. Refermant la porte du frigidaire, je m'y appuie alors. Attendant, tandis que j'enlève mon sweat, relevant ton vieux T-shirt de la veille, encore couvert de ton sang et de saleté, tandis que je relève mes manches jusqu'aux coudes. Ta blessure dans ton dos s'est rouverte d'ailleurs, avec toutes tes bêtises, mais les bandages arrivent à contenir ton sang, pour le moment. Attendons sagement, alors. Ça ne devrait pas prendre trop de temps... D'ailleurs, j'ai à peine le temps de finir ma moitié de tablette, écoutant les voix étouffées du salon,  que le bruit de pas se répercutant dans le couloir m'indique que ma proie arrive. Parfait.
Je la laisse faire trois pas dans la cuisine. Pas un de plus.

« Vous avez trouve- »

Le reste de sa phrase meurt dans sa gorge, que ma lame vient de trancher.
Toujours viser le cou d'abord. Pourquoi ? Le son. Si elle cri, elle alertera les autres. Tu comprends ? Si elle les alerte, ils seront méfiants. Les monstres sont simples : moins ils se méfient, plus il est simple de les tuer. Je présume qu'il en est de même pour les hybrides, vu comment son corps tombe lourdement au sol quand j'enfonce pour la troisième fois la lame dans son ventre, lui souriant tandis qu'elle s'écroule, et que je la retiens d'un bras pour éviter que le bruit de sa chute n'alerte le salon. Elle gît à terre, une marre d'un noir rougeâtre autour d'elle. La scène te laisse dans un état de stupeur profond, alors que je m'agenouille, pour mieux regarder la lueur qui s'éteint dans ses yeux. Il y a moins de sang que je ne m'y attendais. Cela est probablement dû à sa double nature. Un être magique et physique, quelle hérésie.
Tu as l'impression de louper quelque chose, encore, alors que je lui fais signe de se taire, posant un doigt devant ses lèvres ouvertes dans un cri qui ne peut sortir, pas avec les cordes vocales dans cet état. Tu veux réagir, alors que je souris. Tu en as envie. Mais tu n'y arrives pas. Tu n'en as tout simplement pas la force. Non, ce n'est pas un cauchemar, Frisk. C'est une réalité. C'est notre réalité. Pourquoi refuses-tu de l'accepter ?

Malgré mes efforts, tu n'arrives pas accepter.
Pas même alors qu'elle se meurt devant toi, dans un silence qui t'es insoutenable.
Pas même alors que ses yeux te fixent avec horreur et incompréhension.
Pas même alors que tes yeux se posent sur l'arme du crime, toujours entre nos mains.
Pas même alors que tu fermes les yeux, comme si tout allait disparaître en le faisant.
Tu ne peux pas. Non. Tu ne peux plus.

Ne t'en fais pas Frisk. Quand j'en aurai terminé ici, tu commenceras à aller mieux. Ne le sens-tu pas ? Comme je l'espérais, les hybrides fonctionnent comme les autres, alors que l'EXP se fait sentir, avec plaisir. Enfin. Voilà qui aura au moins répondu à ma plus grande interrogation sur les hybrides.
Très bien Frisk. Tu as juste besoin d'un peu plus pour ouvrir les yeux. Je comprends. Ne t'en fais pas, je m'occupe de tout. Finissons juste le travail, alors...

Je cache le couteau dans la poche ventrale de mon sweat que je remets, après avoir préalablement essuyé le sang de notre première victime sur son corps sans vie, lavant précautionneusement mes mains et bras couverts de sangs. Manifestement, les hybrides ne partent pas en poussière, dommage, non ? Il reste donc plus simple de faire disparaître un monstre, je note.
Je slalome entre le corps à terre, évitant soigneusement de marcher dans son sang, alors que je referme tranquillement la porte de la cuisine, laissant son corps derrière.
Bien. Plus que deux, alors? Facile...

« Elle arrive, elle fait réchauffer des petits fours ! Je lui ai dit que j'adorais ça, elle est vraiment trop chouette, non ? »

Dis-je d'un ton joyeux, en déposant les petits bols apéritifs sur la table, profitant de l'attention que gagnent les apéritifs pour retourner vers la porte, que je ferme dans un mouvement des plus anodin, à clé, continuant à parler pour cacher le bruit de la serrure.

Vous êtes à moi.
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Dim 18 Nov - 13:51
L'air de valse raisonnant au loin nous emplit de ...Frisk, si humble. Si gentil.le. Si merveilleux.se. Frisk qui demandait à ne pas être remercié.e! Et pourtant… Après ce qui s’était passé, c’était la moindre des choses à faire selon Sakthys. Toute cette vie en dehors du Mont Ebott, elle ne la devait qu’à l’Ambassadeur.

« Au contraire, Frisk. Vous remercier, ça a de l’importance. En tout cas, ce l’est, pour moi. Ce serait bien impoli et ingrat de ma part de ne pas remercier la personne qui nous a permis de sortir de l’Underworld. Ne rejetez pas les remerciements des Monstres. C’est la moindre des choses. Vous méritez tellement plus, Frisk. Les mots ne sont pas assez pour arriver à exprimer à quel point je peux vous être reconnaissante! »

Bien entendu, sans avoir connu la Surface, Sakthys s’en serait un peu foutu de cette reconnaissance. Mais ce monde, cet endroit… Si on devait l’en priver, elle en serait bien malheureuse. Même si elle affectionnait toujours l’Underworld, même si on l’obligeait à y retourner, elle regretterait la surface.
Frisk croyait véritablement que les Monstres méritaient cette vie hors du Mont Ebott. Sakthys aussi, y croyait. Les Monstres n’étaient pas une menace pour les Humains. La plupart des Monstres ne voulaient pas entrer en conflit. N’avaient-ils pas quitté, pour la majeure partie, l’Underworld pour l’Overland?

« Attention ! »

Son cœur ne fit qu’un bond dans sa poitrine. Frisk venait de rattraper un vase qu’elle avait renversé sans même s’en rendre compte. Mais quelle empotée elle faisait! Sakthys rougit presque violemment, sa peau sombre arrivant presque à prendre une teinte nettement plus rouge que noir à ses joues.

« Oh! Pardon Frisk! Merci… »

Elle se sentait terriblement mal à l’aise, mais l’Humain.e avait ri, presque doucement. Même ici, iel faisait tout pour aider. C’en était presque gênant. Frisk était encore tout.e jeune et déjà iel semblait se sentir responsable de tout le monde.

« Vous n'avez pas à vous excuser. Ce n'est pas vous qui êtes maladroite, ce sont ces maisons qui n'ont pas été bien pensées pour accueillir quelqu'un d'aussi renversant. »

Sakthys éclata de nouveau de rire. Frisk était adorable. Étrangement, la demoiselle se serait imaginé l’enfant Dreemurr totalement différent.e. Un.e enfant bon.ne et juste, appréciait les Monstres. Mais d’avoir véritablement Frisk face à elle, ça lui faisait prendre conscience à quel point iel était Humain.e.

« Je suis maladroite, je vous le confirme sans la moindre gêne, Frisk. Mais… merci. Vous êtes absolument adorable. Mais j’ai tout de même un peu de peine pour chaque bibelot cassé, je dois l’avouer… Il y a tellement de petits objets partout. Heureusement, vous avez sauvé ce vase! »

Elle ne dit rien à propos de ce léger flirt qu’avait tenté Frisk. Iel l’avait déjà bien assez fait rougir! Sakthys suivit l’Humain.e au salon. Frisk, toujours aussi fantastique, lui éviter de casser tout et n’importe quoi. La Monstre ne comprenait pas ce qui poussait l’Ambassadeur à toujours l’aider, même si absolument rien ne l’y obligeait et pourtant, elle apprécia énormément le coup de main. Voir Frisk en vrai, en réel, ça semblait la priver de toute capacité à réfléchir correctement. Sakthys commençait à peine à réaliser à quel point elle aimait cette personne. Pas parce qu’iel était de la famille Dreemurr, mais parce qu’iel était… exceptionnel.le.

Au salon, rien ne permettait à Sakthys de réellement s’asseoir. Pas même un grand canapé. Tant pis. Elle était sur le point de prévenir l’Humain.e qu’elle se contenterait du sol quand iel l’arrêta, lui demandant d’attendre. Clignant des yeux sans comprendre, elle l’observa s’avancer dans la pièce. Des coussins. Que Frisk déplaça. Un à un. Petit à petit. Pour former un ensemble confortable près de la table basse du salon.
Portant une main à sa poitrine, à son cœur, la Monstre sentit les larmes lui monter aux yeux.

« Oh, Frisk… »

Un souffle, un murmure remplit d’une émotion qui manqua de la faire pleurer tant l’attention de l’Humain.e à son égard lui réchauffait le cœur.

« Merci… Vous n’aviez pas à vous donner cette peine pour moi… Le sol aurait été très bien aussi. »

Presque timidement, elle s’avança dans le salon pour venir s’asseoir sur les coussins. C’était nettement plus confortable que le sol! Et elle ne pouvait s’empêcher de détailler presque à la dérobée Frisk. Lélianna lui avait dit qu’iel était une personne très dévouée… mais de le.a voir en action, c’était presque un rêve qui se réalisait. Tous ces Monstres qui l’avaient croisé.e dans l’Underworld, dix ans plus tôt, mais quelle chance ils avaient eu!

La petite Hybride se prêta aussi au jeu, venant les rejoindre sur les coussins. La mère Hybride aussi, après avoir apparemment analysé la situation. Un Monstre, un Humain et deux Hybrides autour d’une table… ça devrait donner une vision un peu singulière et pourtant, cela plaisait beaucoup à Sakthys. Accepter l’invitation de la femme avait été une bonne idée. La demoiselle sombre prit l’un des verres de thé glacé et aspira quelques gorgées. C’était délicieux. Un peu sucré et un peu amer. Froid. Cela faisait du bien après avoir eu si chaud à l’extérieur!

«  Je ne vous remercierai jamais pour ce que vous avez fait. Mais dites-moi, qu'est-ce qui vous amène à l'Oasis tous les deux ?

- Les affaires... »  

« Les vacances. J’avais envie de voyager et de sortir un peu de Soleilevant. Je n’étais encore jamais venue par ici. Je ne pensais pas y rencontrer Frisk, ni aider une petite Hybride à retrouver sa maman. Mais je suis contente d’avoir pu aider un peu. »

Les affaires… Si jeune et déjà si occupé.e! Pauvre Frisk. Enfin, elle aussi à son âge, elle se souvenait d’avoir été très prise par son travail et ses études. Et puis Frisk, bien qu’encore jeune, était adulte. Iel devait avoir de sacrées responsabilités!

La femme Hybride se rappela soudain d’avoir oublié quelques apéritifs à la cuisine. Frisk se leva presque aussitôt, proposant d’y aller. Frisk, toujours aussi avenant.e! Sakthys profita de son absence pour discuter davantage avec la mère et la petite. Les deux Hybrides étaient absolument adorables. La Monstre en vint à comprendre un peu plus les raisons de la perte de la petite quelques minutes plus tôt. La femme vivait seule depuis quelques années. Son conjoint l’ayant abandonnée pour une superbe Humaine beaucoup trop jeune. Une « petite blondasse », apparemment. La mère avait encore cette trahison sur le cœur.

Quant à la petite, elle passait une semaine chez un parent, puis l’autre semaine chez l’autre parent. Une vie que Sakthys ne souhaiterait jamais pour ses propres enfants si elle venait qu’à en avoir un jour.
Au bout d’un moment, voyant que Frisk ne revenait pas, la femme Hybride se leva.

« Je vais voir si Frisk a trouvé! Je vous laisse surveiller ma petite? »  

« Bien sûr, ne vous inquiétez pas! »

Et Sakthys reporta son attention sur la fillette. Elle avait vraiment une drôle d’expression. Comme si quelque chose l’inquiétait. Sakthys sourit, lui murmurant que sa maman reviendrait vite. Et pour lui changer les idées, elle commença à la taquiner en la chatouille avec de queue. Elle réussit même à lui arracher quelques phrases. Elle avait cinq ans. Elle aimait le violet. Et son animal préféré était le chien. La Monstre, heureuse de ses découvertes, commença alors à lui raconter une courte histoire.
« Un chien, très gentil, qui s’était un jour vu confier une armure magique par son Roi pour défendre un grand royaume. Avec sa lance, il défendit le peuple du Roi contre les envahisseurs, les repoussant bravement! Mais! Il rencontra un jour un magicien très puissant. Si puissant qu’il fût incapable de le combattre. Heureusement, le magicien, voyant son courage, l’épargna et lui confia un secret : s’il voulait sauver le peuple et le Roi, il devait aller secourir une magnifique princesse. Elle seule serait capable de lever la malédiction aveuglant les envahisseurs. Une magie puissante les empêchait d’agir de leur propre volonté, les obligeant à conquérir sans cesse. »

Le retour de Frisk l’interrompit dans son histoire. Histoire qu’elle inventait de toute pièce, au fur et à mesure.

« Elle arrive, elle fait réchauffer des petits fours ! Je lui ai dit que j'adorais ça, elle est vraiment trop chouette, non ? »

« Des petits fours? Ohlàlà! Mais c’est beaucoup trop… Frisk, vous n’auriez pas abusé de votre charme, j’espère? » fit-elle un petit sourire amusé aux lèvres tandis que la petite tirait sur ses poils blancs à sa taille, la faisant grimacer, réclamant la suite de l’histoire. Elle invita Frisk à se rasseoir avant de poursuivre son histoire à l’intention de la petite. « Le petit chien parcouru des kilomètres et des kilomètres. Jusqu’à trouver la princesse. Elle se cachait dans un petit village pour ne pas tomber entre les mains du grand méchant. Avec l’aide du gentil chien, elle combattit son ennemi et elle pu rompre le sortilège, libérant tout le monde! Elle adopta le petit chien, qui abandonna son armure magique et ils eurent une belle vie. Il pouvait gruger tous les os qu’il désirait. Mieux encore, il était aimé de tous! »

L’histoire se terminait un peu abruptement. Mais Sakthys ne voulait pas y passer la journée. Après tout, Frisk avait autre chose à faire que d’amuser une gamine. Et pourtant, la gamine, toujours sans dire un mot, continuait de tirer ses poils. Elle semblait aussi beaucoup moins calme depuis le retour de l’Ambassadeur. Ah! Les enfants…

« Vous croyez qu’elle a besoin d’un coup de main avec ses petits fours? Ça m’embête un peu de rester assisse ici et d’attendre alors qu’elle s’occupe de tout… »

Elle s’adressait à Frisk, tout en faisant un mouvement pour se relever, mais la petite tira davantage ses poils. Soupirant, elle dénoua doucement les doigts de l’enfant. Elle entendit Frisk lui parler, mais ne comprit pas ce qu’iel dit.

« Hm? Excusez-moi, vous disi…? Oh… »

Une douleur. Aiguë. Vive. Intense.
Elle entendit la petite hurler.
Retombant mollement sur les coussins, Sakthys sentit qu’elle portait une main à son dos. Une plaie.

« Frisk… »

La mère Hybride ne reviendrait pas de la cuisine.
La Monstre ne sortirait plus jamais de cette maison…

« Non… s’il vous plait… » l’enfant… Sauve-toi petite… « Pourquoi? »

Elle ne pouvait même pas se résoudre à user de magie. Elle haletait. Son corps souffrait. Tant de douleur… Pourquoi? Pourquoi faisait-iel cela? Tout cela n’avait aucun sens. Aucun. Pourquoi? Frisk ne tuait pas. Frisk sauvait… Frisk…
Des larmes s’échappèrent des yeux du Monstre. Qu’avait-elle fait de si terrible pour que le sort s’acharne? Pourquoi elle? Pourquoi cette femme Hybride? Pourquoi la petite? Pourquoi, Frisk?!                   
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Dim 18 Nov - 17:01
Il en reste une...« Abuser de mon charme ? » Fis-je en posant une main devant mes lèvres, semblant surpris.e un instant, avant de glousser, comme si cette remarque avait quelque chose de très drôle, à mes oreilles. « C'est vrai que je suis quelqu'un de très abusif, je ne peux le nier. » Fis-je avec une mine de celles qui laissent deviner des excuses qui n'en sont pas. Pour vouloir s'excuser, encore faudrait-il être capable d'éprouver des regrets, des remords, ou au moins un semblant de culpabilité. Je ne connais plus aucun de ces trois sentiments, contrairement à toi. Tout a disparu dans les ténèbres, il y a déjà fort, fort longtemps...

Reprenant place, je sers tout le monde, plaçant les bols assez proches des bords de la table, chantonnant presque en le faisant. Je t'imite bien, n'est-ce pas Frisk ? Enfin, presque. Il y a quelques points qui dissonent encore, c'est vrai, mais pour des personnes te connaissant aussi mal, aucune chance qu'ils ne transparaissent. Je peux copier ta gestuelle avec efficacité, ayant pris le temps de l'observer assez longtemps pour la connaître, pour l’imiter. Je copie le ton de ta voix, ta façon que tu as de rendre chaque mot légèrement taquin, comme si tout n'était qu’insouciance, avec un petit coté pince-sans-rire. Je sais être toi, presque autant que toi-même, et à chaque fois que tu t'en rends compte, cela te laisse dans un profond état d’effrois. Tu crains le jour où cela arrivera, et où ils penseront tous mourir de ta main...
Mais il y a quelques points qui divergent, néanmoins, la copie n'en est pas encore à égaler l’original, mais cela viendra, je le sais: La où tu es plus réservé.e, plus charmant.e, et jamais envahissant.e, je suis plus expressif.ve, plus accaparant.e, et toujours intransigeant.e , car le monde est mien. La où je glousse, toi, tu ricanes. Là où je prends, toi tu donnes...
Des détails. Toujours des détails.

Je n'écoute pas l'histoire que raconte la monstre. Je n'en ai rien à faire, strictement. D'elle aussi, je n'en ai rien à faire, elle n'est pour moi que de l'exp en devenir. L'enfant, en revanche, m’embête un peu plus, alors que ses yeux me fixent, malgré l'histoire de la monstre. Elle va crier. Il faut que je tue la monstre avant elle, et elle va probablement hurler, de sa voix la plus stridente, de son timbre le plus haut. S'il y a quelqu'un dans le périmètre, cela pourrait rendre la suite difficile. Elle semble d'ailleurs s'agiter, alors que mon regard d'un rouge éclatant se fixe sur elle, tandis que mon sourire croît. As-tu conscience de cette mort qui approche, petite fille ? Oh non, ne t'inquiète pas Frisk, je ne suis pas une créature sadique. Tout ce que je souhaite, c'est la tuer, il n'y a rien de personnel là-dedans. Elle souffrira, certes, mais je n'ai aucun intérêt dans le prolongement de sa douleur.
Non, pour que ce genre de pulsion se manifeste chez moi, il faut faire quelque chose de plus, bien plus agaçant...

Les minutes passent, la discussion se fait, tandis que je donne quelques réponses superficielles, n'étant qu'attente et patience. Il faut attendre le bon moment, le moment parfait pour frapper. Trop tôt, elle verra venir la lame, trop tard, je perdrai ma chance de maximiser les dégâts que je lui ferai. Je veux qu'elle meure. Je veux qu'elle meure vite. Alors je fais ça bien. Après elle, il y en a tant d'autres à venir...

Là, maintenant. C'est maintenant où elle va s'enfuir.
Alors que l'enfant empêche la monstre de se relever, agrippant fortement ses poils, je me lève, passant derrière ma cible, qui s'étonne que notre hôte prenne tant de temps à revenir, tandis que je fais mine d'inspecter le salon, comme pour passer le temps. Souriant.e, le plus simplement du monde, je sors mon nouveau couteau de sa poche. Il est efficace, tu ne trouves pas ? Il faut qu'on aille chercher le vrai, Frisk...

« Vous ne devriez pas vous inquiéter pour elle. J'espère que vous ne prendrez pas la suite trop personnellement.. Quoi qu'en fait, je m'en fiche. »

La monstre ne semble plus m'écouter, en prise avec l'enfant. Parfait, sa défense est donc au plus bas. Je n'attends pas plus longtemps, et sans crier gare, sans éclat aucun, j'enfonce ma lame entre son épaule et son cou, la retirant presque aussi sec, alors que corps, sous l'effet de douleur, de la surprise, tombe en avant, s'écrasant mollement sur son siège de coussin, tandis qu'une de ses mains laisse tomber le verre de thé glacé, qui s'éclate au sol.

Il y a un battement d'à peine une seconde. Juste une.
Et soudainement l'enfant hurle de tous ses poumons.
Je soupire comme face à un problème un peu ennuyeux, levant les mains pour marquer mon impuissance. Agaçante petite chose.

Toi, tu as abandonné.e. C'est aussi simple que cela. Quelques soubresauts encore, et tu laisses tomber, trop épuisé.e pour continuer à lutter, te contentant du rôle de spectateur.trice que je t'offre. Tant pis, hein ? De toute façon, que pourrais-tu faire ? Rien. Cette révélation t’accable, alors que mon couteau s'enfonce une nouvelle fois brutalement dans le dos du monstre, ma main n'étant qu'à peine ralenti par ta volonté, qui tombe en éclat, sous la violence qui t'assaille. C'est trop tard Frisk. On y est. On repart ensemble pour un tour.

« Tu vois, je te l'avais dit, une vraie brailleuse... »Me tournant vers la monstre, je lui souris, comme si la voir mourante sur le sol n'avait rien d'inquiétant. « Vous me pardonnerez quelques minutes, le temps que je m'occupe de ce problème non ? »

La petite cesse soudainement de hurler, alors qu'elle se met à courir vers la porte, essayant de l'ouvrir avec affolement. Elle tire, hurle, supplie, mais rien n'y fait, alors que je glousse en la voyant faire, sous le boucan qu'elle fait. Elle me rappelle un petit monstre, tandis que je hoche négativement de la tête, lui montrant la clé entre mes mains, que je laisse tomber par terre.

«  Allons, ne pars pas si vite, cela commence à peine à être fun... »

La mourante laisse échapper quelques mots malheureux, une question qui se résume à un mot. Pourquoi ? Et pourquoi pas ? Ma réflexion n'allait pas plus loin que cela. Certes, j'aime les monstres. Mais... Et alors ? La fin justifie à elle seule les moyens. S'il me faut tuer tous les monstres pour trouver récupérer toute ma puissance et ainsi venir à bout de l'humanité, et bien soit, je le ferai. Et je n'aurais aucun regret à faire ce choix. D'abord le pouvoir, ensuite la destruction, et seulement à la fin, la survie des monstres. Tu comprends, Frisk ? Pour moi, tout cela n'a aucune importance. Je le fais, c'est tout.
Je dois le faire. C'est tout.

« Oh, n'y voyez rien de personnel, surtout. Vous étiez là. C'est tout. » Tournant un regard d'un rouge puissant vers la monstre, lui souriant toujours, je glousse un peu, reprenant doucement. « Ne prenez pas trop la peine d'avoir peur, n'y pensez pas, abandonnez, simplement : ce n'est pas la première fois que vous mourrez, je peux vous l'assurer... »

Et sur ces mots, je retourne à la chasse de ma petite brailleuse, qui dans un hurlement, part se cacher sous la table à manger. Je déteste quand ils courent dans tous les sens, Frisk, pas toi ? Après il faut marcher dans tous les sens pour les trouver, c'est tellement épuisant... Mais je présume que cela fait partie du jeu, non ? Alors trouvons la.
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Mar 20 Nov - 17:54
L'air de valse raisonnant au loin nous emplit de ...Iel avait de nouveau fait rire Sakthys. Oui, Frisk avait probablement abusé de son charme. Iel était exactement comme on le disait. Le flirt, le charme, la gentillesse, cette tendance à toujours vouloir aider… Un.e Humain.e fantastique! Si seulement tous les Humains pouvaient être ainsi… mais Frisk était spécial. Frisk appréciait les Monstres. Frisk était une bonne personne. Déterminé.e.
Ces petits fours allaient être excellent. Probablement autant, sinon plus encore que le thé et les apéritifs! Cette femme Hybride était surprenante et absolument adorable. Si gentille! La pauvre, elle avait dû avoir tellement peur de perdre sa fillette à jamais. La petite était adorable. Sakthys en était presque aussi folle que de Frisk. L’une était beaucoup trop mignonne, l’autre étant une véritable icône à ses yeux. Icône qu’elle admirait de chaque fibre de son être. Frisk, pourtant si jeune… Prenait-iel le temps de profiter un peu de la vie?

Et entre l’enfant qui tirait sur ses poils et son envie de se lever pour aller donner un petit coup de main à la maman Hybride, Sakthys ne savait plus où donner de la tête. Frsik s’était aussi levé.e pour admirer elle-ne-savait-pas-quoi au salon… Vivement ces petits fours!

« Vous ne devriez pas vous inquiéter pour elle. J'espère que vous ne prendrez pas la suite trop personnellement.. Quoi qu'en fait, je m'en fiche. »

Elle ne l’écouta même pas, trop occupée à tenter de démêler les petits doigts de l’enfant qui s’accrochaient à elle.
Et puis, il eut cette douleur. Vive. Aigüe. Froide.
Sakthys n’avait pas prêté attention à son thé. Ni au verre éclaté, ni à rien d’autre. La petite… Sa blessure… Frisk…

Un second coup, la douleur lui coupant le souffle, étouffant son cri dans sa gorge par la même occasion. Pourquoi?
Sakthys haletait, incapable de se relever.
Pourquoi Frisk?

« Tu vois, je te l'avais dit, une vraie brailleuse... Vous me pardonnerez quelques minutes, le temps que je m'occupe de ce problème non ? »

Qu’arrivait-il à Frisk? Iel ne semblait pas… lui.elle-même? Tu? Je? Sakthys n’arrivait plus à comprendre. Ni à réfléchir. Chaque fois qu’elle tentait de bouger, son dos lui donnait l’impression de se déchirer davantage. La douleur était vive, ses chairs trop gravement blessées pour lui permettre de combattre.
Combattre?
Non.
Non. Elle ne voulait pas combattre. Pas Frisk. C’était impossible. Iel n’aurait jamais fait cela. Iel n’aurait jamais fait de mal à cette mère Hybride, à elle, une Monstre… à une enfant… l’enfant! À travers ses larmes de douleur, la Monstre la voyait se débattre, courir, hurler.
La clé… Frisk l’avait en main. Elles étaient prisonnières. Enfermées. Entièrement entre les mains de l’Humain.e.
La petite… il fallait trouver un moyen pour la sauver. N’importe quoi…

« Oh, n'y voyez rien de personnel, surtout. Vous étiez là. C'est tout. »

Qu’entendait-iel par-là? Que tout avait été prévu? Depuis le début? Cette enfant, cette petite Hybride… elle ne méritait pas de finir sous les coups de cette lame. La Monstre non plus. Mais il était déjà trop tard. Dès la première blessure, il avait été trop tard. Sakthys, trop douce et trop gentille pour même se défendre. Sakthys, trop faible pour vouloir lutter contre les Humains. Sakthys voulant préserver toute vie… même celle de son assassin…
Préserver la fillette…

« Ne prenez pas trop la peine d'avoir peur, n'y pensez pas, abandonnez, simplement : ce n'est pas la première fois que vous mourrez, je peux vous l'assurer... »

Abandonner? Pas… la première fois qu’elle… mourrait? De quoi parlait-iel? Cela n’avait pas le moindre sens… La petite hurlait et courrait. Elle tentait de lui échapper. Abandonner… Non. Sakthys ne pouvait pas. Elle ne voulait pas partir en cendres… elle ne voulait pas laisser la petite. Pas seule. Jamais. Si la petite devait mourir… elle attendrait jusqu’au bout… avec elle.

« Frisk! Je n'abandonnerai pas cette petite... Je ne comprends rien à ce que vous dites… rien du tout… Je ne suis… jamais morte. »

Qu’essayait-elle de faire? Gagner du temps? Le sien était compté… il n’y en avait pas à perdre.

« Frisk… je vous en prie, ce n’est qu’une enfant… Vous réalisez ce que vous avez fait? Vous l’avez privée de sa mère! N’est-ce que pas déjà suffisant? Vous… vous m’avez… Arrêtez… je vous en supplie. Ce n’est pas vous, Frisk. Vous êtes une personne bien, admirable, fantastique, avenante. Vous êtes la personne pour qui je n’hésiterais une seule seconde à donner ma vie… Mais pas ainsi… pas comme ça. Frisk… Je… »

Vie qu’iel avait prise… Des larmes s’échappaient de ses grands yeux. Chaque sanglot lui causait d’horribles douleurs, ravivant les plaies à son dos. La douleur. Sakthys voulait qu’elle arrête. Son cœur lui faisait tout aussi mal que son dos. Son cœur. Il était complètement brisé, anéanti. Frisk n’était pas un.e sauveur.se. Frisk allait tous les tuer. Tout le monde…

« Frisk… laissez-la, ce n’est qu’une enfant, elle n’a rien fait… Ce n’est pas vous. Frisk… Lélianna ne cesse de me vanter votre bonté, votre Détermination, votre douceur envers ses fils… Elisabeth… Les Monstres… Je croyais… je croyais que vous étiez de notre côté… »

Ses paroles moururent dans sa gorge. Incapable d’en dire davantage, la Monstre tenta plutôt de s’avancer vers Frisk. Vers la gamine. Gamine qui continuait de tenter de fuir.

« J’en étais sûre! C’est toi le vrai monstre ici! Tu es méchant! » hurlait la gamine, à l’intention de Frisk, toute aussi désespérée que la Monstre. Ni l’une ni l’autre ne survivrait à cette histoire… Et les autres Monstres? Les autres Hybrides?                      
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Dim 25 Nov - 2:07
Mais c'est refuséCette petite chose agaçante. Elle court, fuit de toutes ses forces, alors que je me retrouve à essayer de la coincer dans chaque recoin du salon. La monstre est suffisamment mourante pour ne pas trouver la force de réagir, alors qu'elle refusait néanmoins d'abandonner. Dommage, plus vite elle partirait en cendre, plus vite je sentirai son exp venir à moi. Il m'en fallait plus, tellement plus. Je n'ai qu'une hâte : planter mon couteau dans le cœur de cette gamine pour en finir avec cette histoire, et passer à la prochaine. Et encore à la prochaine. Jusqu'à toutes les faire. Jusqu'à toutes les détruire. Je n'ai pas le temps de m’encombrer d'autres envies, d'autres buts, alors que je sais parfaitement où je vais : jusqu'à la fin de ce monde.

Tu m'entends Frisk ? Non, tu ne veux plus m'écouter, alors que ta présence continue de se diluer, disparaissant sans éclat, alors que je continue à m'imposer pleinement, prenant la place que tu me laisses. C'est plus simple comme cela, tu sais ? Si tu te débattais, tout ce que tu y gagnerais, c'est de la souffrance, tu sais ? Tu fais un très bon partenaire, à l'instant, à me laisser m'occuper de tout, quand j'en aurai fini ici, nous irons bien mieux, toi et moi...


Les cris venant du salon lui venaient, comme quelque chose de très lointain. Étouffés. Négligeables. Alors que ses yeux restaient coincés, bloqués sur ce corps, sur ce regard qui ne le quittait pas. L'hybride morte. Frisk ne connaissait même pas son nom. Iel ne lui avait pas demandé, à vrai dire, comme si, au fond, iel avait su en la rencontrant que cela aurait été inutile. Futile. Frisk l'avait condamné, et iel n'avait même pas de nom à pleurer. En vérité, Frisk n'avait même plus la force de se sentir coupable. Probablement était-ce pour cela que cette scène restait accrochée à lui, l'enfermant face à ce qu'iel n'arrivait pas à accepter, face à ce qui l'avait fait tomber, le suivant même dans cet endroit, où rien n'était. Et où Frisk n'existait pas... Ou pas vraiment.

Frisk tombait.
Le monde ne lui semblait jamais plus irréel qu'à ces instants, où Frisk ne le sentait plus, alors qu'il n'y avait plus rien. C'était dans cette mélasse noire, opaque, que Frisk se perdait chaque fois que la chose prenait le dessus, l'écrasant, l’étouffant au point que Frisk avait la sensation d'être à l'agonie. Dans ces instant, Frisk n'était pas réellement vivant, mais pour autant, la mort lui était refusé. A chaque fois que la chose le tuait, à chaque fois qu'elle prenait sa place, Frisk était coincé.e ici, dans cette absence de toute, là où le monde n'était plus qu'une image éthérée, qui lui semblait trop lointaine, trop étouffée pour qu'iel y tourne le regard, pour qu'iel écoute les cris qui l’appelaient à reprendre pied. « Courage Frisk, n'abandonne pas, pour ceux qui tiennent à toi, pour ceux qui t'aiment », essayait de dire cette petite voix, mais Frisk n'avait plus envie de l'écouter. Qui y avait-il encore pour l'aimer ? Frisk haussa des épaules. Ils aimaient une image de lui. Une image calculée pendant des années, une image derrière laquelle tout avait été soigneusement cachés. Un démon jouant les anges, voilà comment se sentait Frisk. Alors que sa noirceur avait fait une nouvelle victime, il ne trouvait plus l'utilité de forcer ses ailes blanches à rester en place. Le masque tombait, comme un maquillage effacé par une pluie amère. Le sang de sa victime coulait. Se déversant sur le sol, zigzagant à travers les interstices, jusqu'à dessiner deux yeux et sourire. C'était la chose.

Le démon qui vient quand on appelle son nom.
Alors l'humain.e le taisait.
Les deux mains plaquées sur sa bouche pour ne pas crier.
Frisk sombrait.

Par moment, comme les battements d'un cœur mourant, Frisk entendait des voix, à travers les murs de la cuisine, venant du salon. Frisk savait qu'il n'y avait pas réellement de pièces, là où iel était, mais pour une raison qui lui échappait, c'étaient les premiers mots qui lui venaient pour décrire ce rien. Des pièces vide de tout. Des pièces existantes sans exister.
Frisk entendait l'enfant crier, alors qu'iel savait sans le voir que la chose avait encore frappé, ayant fait tomber Sakthys sous ses coups. Tout ce qu'iel réussit à faire devant ce constat, c'est soupirer, doucement, lugubrement, tandis que ses yeux ne quittaient pas le cadavre de la femme, dont le sang continuait à couler. Il allait bientôt atteindre ses chaussures. Frisk savait, au fond, qu'iel ne devait pas le laisser le.a toucher, qu'iel ne devait pas se laisser noircir, mais à l'instant, iel n'avait plus réellement la force, ni l'envie de fuir. Fixe, âpre, l'enfant qui n'en était plus un.e se contentait de regarder l'inéluctable approcher. C'était trop tard pour les regrets, et puis Frisk était trop lasse pour regretter, de toute façon...

C'est le monde toute entier que cette chose voulait engloutir. Comment Frisk si petit.e à coté, aurait-iel pu y faire quoi que ce soit ? Sa détermination était écrasée, anéantie, face à cette volonté beaucoup trop grande de nuire à tout et toutes choses. Comment était-il possible pour une chose de haïr autant ? Frisk était tout simplement terrassé.e, incapable de répondre devant tant de violence qui chaque jour prenait soin de le.a rendre toujours plus petit.e. Toujours plus insignifiant.e.
Ici, perdu.e dans ce rien dont l'ombre laissait deviner une cuisine, Frisk n'avait plus réellement la sensation de faire partie du Monde, ou même d'en avoir un jour fait partie. Son corps, c'est vrai, y était, mais qu'en était-il de son esprit ? Pouvait-on encore dire qu'il existait, alors qu'à sa place était quelque chose de beaucoup trop sombre, de beaucoup trop noir, qui se renforçait au dépens des autres? Et plus Frisk s'affaiblissait, plus cette chose devenait encombrante.

Enfermé.e dans cette pièce qui n'était pas une, Frisk n'était plus, et ne voulait plus être. Le monde n'était qu'une imagerie vague, que Frisk avait à chaque instant l'impression de toucher du bout des doigts, avant qu'il se désagrège sous ses mains. Qu'était le réel ? Était-ce cet instant, était-il passé, ou allait-il venir ? Jusqu'où Frisk devait-iel aller pour le sentir? Que devait-iel faire pour se sentir vivant ? Comme exister ? Avait-iel seulement déjà existé.e ? Ou, finalement, tout cela n'était-il qu'un rêve d'une réalité depuis longtemps oubliée, détruite, comme celles qui hantaient ses nuits, ne lui laissant aucun répit. Aucune pitié.

Était-ce qu'un cauchemar de plus ?
S'iel fermait les yeux, est-ce que le sang sur ses mains disparaîtrait ?
Tu as péché.e, une fois encore, Frisk.
Comment comptes-tu l'oublier, cette fois ?


Il y avait eu tant de Monde qui avaient sombré pour son égoïsme. Sous son égocentrisme. Combien de fois l'avait-iel fait ? Combien de victimes y avait-il eu ? Au début, peut-être, les avait-il compté, mais bien trop vite, ils avaient été trop nombreux.
Tant de réalités. Tant de temporalités. Tant de sauvegardes.
Trop de crimes. Trop morts. Trop de meurtres.
Encore. Et encore. Et encore.

Pourquoi Frisk bloquait sur ce cadavre, alors? qu'est-ce que cette morte avait de plus, pour rester si vive dans la mémoire de l'humain.e, au point de s'incarner dans ses ténèbres? Oui, Frisk avait tué, une fois encore, pourquoi refusait-iel ce constat? Cette réalité était identique aux autres, Frisk l'avait juste oublié pendant dix ans, et maintenant que cela s'imposait à lui, l'humain.e restait interdit.e, perdu.e.
Rien n'avait changé. Cette victime n'avait finalement rien de plus que les autres... Alors pourquoi n'arrivait-iel pas à détacher ses yeux de ce corps et de son sang trop noir. Il y en avait partout, Frisk ne voyait plus que cela, découlant de son corps pour venir ramper vers iel. C'était juste un meurtre. Pas le premier, et sûrement pas le dernier de cette existence-là. Alors, pourquoi n'arrivait-iel pas à passer outre? Qu'avait-elle de plus que les autres ?

Rien qui ne puisse changer la finalité de tout cela, répétait la voix qui du démon. Pourquoi insister ? Abandonner, oui, c'est tout ce qu'il restait à faire...

Les paroles de ma victime mourante m'arrachent un sourire, alors que ma main rate de peu le bras de l'enfant, qui retourne à l'autre bout de la table à manger. Sale petite... Elle ne pourra pas m'esquiver éternellement, mais il faut avouer qu'elle est douée à ce jeu, alors qu'elle a cessé de crier pour mettre toute son énergie et sa concentration dans sa course. La monstre ne comprend rien de mes paroles, naturellement. Alle ne se souvient de rien et du coup, ce qui la laisse surprise par mes mots, presque choquée, alors qu'elle cherche à continuer de faire entendre sa voix faible, mourante. Elle veut me convaincre d'épargner l'enfant! Ah, tellement naïve. J'adore la candeur. Cela rend tout tellement plus facile.

Tu l'entends, Frisk ? Elle croit en toi. Elle donnerait même sa vie pour toi. Comme c'est touchant. Comme c'est ridicule. Je ne peux m’empêcher de pouffer devant les bêtises qu'elle sort. Elle me supplie même. Pourquoi ne comprendront-ils jamais qu'il n'y a aucune place pour la pitié et encore moins pour la clémence dans mon cœur? Je ne tire aucun pouvoir de la gentillesse. Seul compte pour moi la puissance. Seul compte pour moi la destruction...


Frisk refusait d'abandonner.
Quelque chose le tenait en place, mais quoi ? Quelque chose qui pulsait en lui, mais où ?
La voix de Sakthys continuait d'insister. Elle refusait d'abandonner. Elle refusait de l'abandonner. Comme un poing tapant contre le mur du salon, raisonnant jusqu'à la cuisine plusieurs pièces plus loin, le bruit de ses paroles lui faisait, par moment, quitter son crime des yeux, essayant de rappeler Frisk au présent. Réalisait-iel ce qu'iel avait fait, demandait la voix étouffée? Oui... Et non. Était-ce pour cela que Frisk était coincé ici, dans cette pièce sans porte ? Était-ce pour cela que tout ce sang continuait à l'encercler, progressivement ? Sakthys avait une image si belle, si parfaite de Frisk, que ces mots tapaient douloureusement contre les murs de sa cage, lui faisant mettre ses mains sur ses oreilles pour ne plus l'entendre, même si cela ne servait à rien. Ici, Frisk était partout et nulle part à la fois, entendant sans entendre. Frisk détestait cette image que lui renvoyait l'admiration de Sakthys. Frisk détestait ces mots qu'elle utilisait pour parler de lui. Oh si elle savait, si elle savait à quel point iel n'était pas admirable, à quel point Frisk n'était pas fantastique. L'humain.e était loin de mériter l'admiration de qui que ce soit, et c'est probablement pour cela qu'elle lui faisait si mal, la.e laissant les épaules courbées, incapable de supporter le poids de tant de rêves et de tant d'attentes. Par sa faute, son unique faute, cette hybride était morte, comme des milliers d'âmes avant elle. Bientôt, Sakthys aussi allait mourir. Et cette petite fille suivrait probablement. Et d'autres, aussi. Tout cela parce que Frisk n'avait pas la volonté d'agir. Parce qu'iel n'avait plus la volonté de se battre. De nouveau, un soupir lui échappa, alors qu'iel se sentait désemparé.e. Depuis quand était-iel devenu si faible ?

Même si Frisk l'avait voulu, qu'aurait-il pu faire, face à cette chose ? Elle était imbattable. Frisk avait essayé. Encore. Et encore. Elle ne se fatiguait jamais, contrairement à Frisk constamment épuisé.e. Frisk était humain. Frisk était faillible, Frisk était plein de défauts, de doutes, de peurs sur lesquelles elle appuyait sans cesse, et à cet instant, Frisk n'était tout simplement plus capable de se relever, malgré cette envie, presque éteinte, de lutter. la chose l'avait eu à l'usure, elle finissait toujours par prendre le dessus. À l'usure, elle le détruisait, et cela depuis des mois, lentement, implacablement. Tout ce que voulait Frisk, à cet instant, c'était se reposer et oublier tout le reste... Mais quelque chose continuait à le faire tenir, pourtant. Quelque chose s'accrochant à sa poitrine.
Quelque chose vibrant doucement aux mots douloureux et cognant de Sakthys.

À la fin, quoi que Frisk ferait, qu'importe la détermination, les espoirs, les rêves que l'humain.e mettrait dans la balance, la chose gagnerait. C'est presque destiné à se passer ainsi, Frisk le savait. C'était impossible à éviter.
Ce combat que Sakthys l’exhortait de mener, était une quête perdue d'avance. Pourquoi Frisk devrait-iel se battre, si ce n'était pour gagner, alors ?... Pour eux ? Pour tous ceux qui méritaient de vivre? Probablement est-ce que ferait quelqu'un de bien, mais Frisk n'avait pas l'impression d'être ce genre de personne, vous savez, le genre à se sacrifier pour les autres, pas alors que les yeux mort d'un cadavre imaginaire continuaient de le fixer coupablement. Frisk avait échoué, encore une fois, à devenir quelqu'un de bien. Papyrus allait être tellement déçu, en apprenant tout cela...

Comment vouloir se battre, quand on sait avoir perdu avant même que le combat commence ?
Frisk n'avait pas la réponse à cette question. Et c'est peut-être pour cela, qu'iel ne trouvait tout simplement pas la force de se battre...

La monstre continue de vouloir parler. Elle sanglote même, tandis que je la contourne, essayant d'attraper l'enfant qui désormais me fuit en se cachant derrière la table basse. Elle se fatiguera avant moi, c'est une évidence. Elle ne fait que retarder l'inévitable, tout comme essai de le faire mon autre victime, à terre, en parlant de personnes qui ne m’intéressent même pas. De noms qui m’indiffèrent. Elle cherche à atteindre un cœur, ignorant qu'elle se trompe de cible. Malgré moi, je ne peux m’empêcher de lui lancer un regard railleur, tandis que je m'esclaffe devant ses paroles trop niaises. Je suis sûr.e que tu aurais beaucoup aimé les entendre Frisk. Mais je doute que tu entendes quoi que ce soit, là où tu es...

« Je ne suis que d'un côté : le mien... »

Je la tiens ! Cette sale gosse a beau s'égosiller, me traitant de monstre, je ne lâche pas ma prise sur ses cheveux, la tirant vers moi, qu'elle griffe et qu'elle frappe autant qu'elle veut. Un monstre, moi ? Oh je suis bien plus que cela, petite peste. Je la plaque au sol avec violence, laissant sa tête se cogner alors que ma main se referme sur sa gorge, pour la tenir en place, l’empêchant de continuer à hurler, alors que je lui souris de toutes mes dents. Nous arrivons au terme de cette petite danse, voilà qui me satisfait grandement, alors que je vise son corps de ma lame, prenant le temps de m’ajuster. La monstre pleure toujours, mais j'en ai cure. Quelques coups bien placés, et cela sera une affaire entendue. Soudainement, il me tarde d'en finir, pour mieux continuer sur ma lancé. Tout ce dont j'ai besoin, c'est de quelques niveaux...


Le vrai monstre ? L'insulte, si violente, si brutale raisonna encore plus fort, faisant trembler les murs de la prison de Frisk, alors que ses mains se referment douloureusement autour de son cœur, où aucune âme n'est plus visible. Non. Frisk ne voulait pas être un monstre. Frisk ne voulait plus blesser personne. Mais que pouvait-iel faire ? Vraiment, iel avait l'impression d'avoir fait le tour de la question. Qu'importe le sens dans lequel iel la tournait, elle restait impossible à résoudre, elle ne trouvait aucune réponse.
Frisk ne pouvait pas vaincre, c'était une évidence...Mais Frisk ne voulait pas être un vrai monstre pour autant. Non. Frisk ne pouvait pas capituler, pas après dix ans, pas face à un monde qui méritait de vivre. Après tout, ce n'était pas en abandonnant qu'iel était arrivé aussi loin, non ? Peut-être que Frisk prenait le problème dans le mauvais sens.  Il y avait forcément encore quelque chose à faire, il y avait bien quelque chose à quoi Frisk n'avait pas pensé.
Peut-être que Frisk se trompait. Tout simplement...

Sakthys croyait en lui, et son espoir se faisait l’écho de tant d'autres, faisant doucement, s'illuminer les murs de la pièce, les peignant d'un faible gris, alors que des paroles d'espoirs, d'amour, de gentillesse lui revenaient en mémoire. Frisk était aimé.e, c'est vrai. Peut-être que Frisk ne croyait pas en iel, mais ses amis, eux, le faisaient à sa place. Papyrus, plus que tous les autres. Undyne, avec férocité. Alphys, avec timidité. Ses parents, avec affectuosité... Et peut-être même Sans, Frisk l'espérait, au fond. Il y avait tant de tambourinement contre les murs, tant de souvenirs, de paroles encourageantes qui voulaient se faire entendre, qu'il devenait difficile à Frisk de les ignorer. Frisk n'était pas une bonne personne, certes, mais iel essayait. Iel essayait sincèrement, réellement de le devenir. Et cela comptait, ne serait-ce qu'un peu.

Frisk était imparfait, iel n'avait probablement rien à voir avec l'image que les gens avaient de l'ambassadeur.rice, mais iel voulait changer... Non. Iel avait changé. Peut-être qu'être une bonne personne n'entendait pas d'essayer de gagner à tout prix, mais d'essayer de sauver à tout prix.
Cette découverte s'imposa à Frisk si soudainement, qu'iel resta un instant surpris.e, ébranlé.e, alors qu'une porte se dessinait à sa droite. Non, non elle ne se dessinait pas, elle avait toujours été là, c'est juste que... Jusqu'à maintenant, Frisk avait juste été incapable de la voir. Pourquoi n'avait-il jamais vu le problème sous cet angle ? Faisant un pas en arrière, iel s'éloigna du cadavre qui disparaissait en éclat, évitant soigneusement la mare noirâtre qui resta sur le carrelage devenu gris clair. Cette noirceur n'était pas la sienne, car Frisk n'était pas la chose, et plus jamais ils ne seraient "nous".

Frisk allait probablement perdre, et alors ? Il y avait des vies à protéger dans cette histoire, dans ce monde et si essayer voulait dire peut-être les sauver, alors Frisk se devait de se relever, autant de fois qu'il le faudrait, et qu'importe à quel point chuter pouvait être douloureux. Même si cela sous-entendait perdre, même si cela sous-entendait échouer, tant qu'il y avait de la vie, il y avait de l'espoir.

Je lève ma lame, me délectant de la peur que je lis dans les yeux de cette sale petite chose, alors qu'elle griffe ma main avec force, essayant à tout prix de me faire lâcher prise sur son maigre cou. Elle m'a fait bien assez courir comme cela, elle mérite bien un instant supplémentaire à craindre ce qu'elle tant redouté, non ? Ma lame se lève, fend l'air...

L'espoir ! C'est ça !
Soudainement, l'éclat minuscule, si petit que Frisk du baisser les yeux vers son cœur pour le voir briller, lui sembla enfin à portée de main. Un dernier souffle de détermination. Le dernier éclat ayant oublié de s'enfuir de la boite lorsqu'elle s'était ouverte. Y plongeant sa main, Frisk en sortie une clé, qui lui arracha un sourire sans joie. Évidemment. Cela avait toujours été la clé, comment avait-iel pu l'oublier ? Parfois, Frisk avait réellement l'impression d'oublier même le plus élémentaire. Voilà pourquoi iel ne devait pas écouter la chose et ses murmures...
Se tournant vers la porte, Frisk inséra sa trouvaille dans le verrou, entendant le loquet s'ouvrir. Prenant une profonde respiration, Frisk ferma les yeux. Peut-être que cette réalité n'existait déjà plus, mais Frisk faisait le pari de continuer quand même. Pas pour lui. Mais pour eux. Qu'importe s'iel se sentait impalpable, cela aurait été égoïste de ne pas se battre pour ceux qui, contrairement à iel, avait encore le sentiment d'être et étaient heureux d'exister. S'il pouvait ne serait-ce qu'essayer de les sauver, alors iel se devait de le faire. Pour eux. Toujours pour eux.

Tirant sur la poignée, Frisk ouvrit la porte.
Soudainement, la lumière l'éblouie.
Et la lame se plante dans le sol. À quelques centimètres de la gamine.
Quoi ? Je plisse les yeux, avant de comprendre.
Avant de te sentir, sournois.e que tu es. Avec force et détermination, tu essaies de reprendre le contrôle. Je présume que notre collaboration s’arrête ici?


Tu as profité du fait que je ne m'y attendais pas pour dévier ma main de toute tes forces. Comment oses-tu Frisk? ne comprends-tu pas ce que nous faisons là ? Tu ne prends même pas la peine de répondre, t’efforçant de faiblir ma prise sur la gamine, qui en profite pour me mordre le bras avec violence. La douleur t'aide à lâcher prise.

« Sale petite... Mais je ne peux pas finir que tu reprends ta voix. Cours, dépêche toi ! »

Ma main se pose sur le couteau, mais de l'autre main, tu m’empêches de l'enlever du bois sur lequel il est planté. À quoi tu joues, Frisk ?! Notre cible va s'enfuir ! Surprise par tes paroles, par nos gestes dissonants, l'enfant ne demande pas son reste, fuyant vers le côté, attrapant au passage la clé restée au sol pour se jeter sur la porte de l'entrée. Non... Non ! NON !

Je me rue vers la porte, mais à peine fais-je quelques pas, que je tombe au sol, ton corps se rappelant, à ta présence, de la douleur et de la fatigue qui t'aident à me faire trébucher. Tu profites de ta propre faiblesse pour me l'imposer. Tu reprends ton corps avec hargne, juste assez pour sentir tes forces te quitter. La clé est maintenant dans la porte, qu'elle fait tourner. Non, c'est hors de question qu'elle m'échappe! J'arrive à me mettre à genoux, malgré toi. Je prends un instant pour souffler, et me concentre. Je n'ai qu'un instant.

La porte s'ouvre, au même instant où mon couteau s'enfonce dans sa flan, lui arrachant un cri de douleur alors qu'elle s’effondre à terre. Tu as essayé, mais tu n'as pas pu m’empêcher de la viser. De gagner. En un instant, je suis de nouveau sur elle, exaltée par mon tire tandis que toi, il t'a ébranlé, assez pour que je reprenne le dessus. Arrachant le couteau, la regardant toute sourire, je sens la terreur l'emplir. Tu ne pourras pas la sauver Frisk. Tu essaies, ma main tremble, alors que tu tambourines, alors que tu luttes de toute tes forces, faisant se saccader mes mouvements, mais il est trop tard. Je lutte, mais je gagne, malgré la sueur sur ton front, malgré les tremblement dans mon bras, mon couteau se lève une nouvelle fois.
Un instant après, les cris de l'enfant se taisent enfin.
J'ai gagné. Je gagne toujours, Frisk.


Restant légèrement abasourdie devant ce constant, tu regardes le sang sur tes mains, le sang sur mon couteau, alors que tu te tournes tes yeux dorés Sakthys, l'air profondément... Navré.e ? Oh, Frisk, mais à quel moment as-tu pu penser un seul instant que tu ferais la différence ? A quel moment as-tu pu croire que tu pourrais me vaincre ? Tu ne dis rien, te contentant de baisser les yeux. Tu voulais la sauver. Tu voulais réellement y arriver, je le sens. Mais tu n'as pas pu...

Malgré tout tu insistes, tu insistes tant que je me retrouve à devoir lutter pour garder le contrôle. Qu'est-ce qui t'arrive ? Tu ne veux plus de moi aux commandes, alors que ta rage, ta colère me rejette, et tu refuses d’être plus longtemps "nous". Pourquoi? Pourquoi faut-il toujours que tu attendes qu'il soit trop tard pour regretter? Tu es une créature stupide! Pourquoi continues-tu à te battre ? Accepter serait tellement plus simple...
Mais soit, j'ai eu ce que je voulais. Tu n'as qu'à t'occuper de fuir, comme tu sais si bien le faire... Profite de la douleur, de la fatigue, quand tu en auras assez, tu ramperas de nouveau vers moi. Je te laisse admirer mon œuvre. Je te laisse le temps de l'accepter, elle, et tout le LOVE qui doucement t'emplit, dans le silence de mort qui ne laisse que les sanglots de Sakthys se faire entendre.
Que peux-tu faire, face à cela ?

Baissant doucement les bras, tu laisses tomber ton couteau, alors que tu retournes vers Sakthys, comme un.e enfant un peu perdue, un peu miséreux, alors que doucement, tu viens essayer de l'aider, maladroitement, à se remettre dans une position plus agréable, venant caler un coussin sous sa tête. Tu ne la touches pas, non, tu n'oses pas. Tu n'oses plus, plus après tout cela. C'est totalement inutile de prendre soin d'elle, presque grotesque après la scène qui vient d'avoir lieu. Mais c'est tout ce que tu peux faire. A cet instant, c'est tout ce que tu peux lui offrir.

« Je suis désolée. J'aurais voulu faire mieux. J'ai vraiment voulu la sauver... Tu soupires si lourdement, avec le poids d'une culpabilité dévorante. Ta jeunesse semble fanée, à cet instant. Vous devez me haïr, et je vous comprends. Ça m'arrive aussi, certains jours... Vous n'avez pas à me croire mais... Ce n'était pas moi. Je ne voulais pas... Ça. Je ne l'ai jamais voulu.»

Ta voix est faible, presque éteinte, alors que tu baisses les yeux, coupable d'un crime que tu considères pourtant comme n'étant pas le tien. Tu le refuses avec une tristesse rageuse. Vraiment, Frisk ? Sakthys doit de te prendre pour une personne complètement folle, tu en as conscience, mais tu t'en fiches. Maladroitement, tu lui offres un sourire. Il n'y a aucune joie. Aucun rayonnement dans ce dernier. Il n'y a rien à voir avec ceux charmeurs avec lesquels tu mens si bien, d'habitude. Celui-là est humble, incertain, et peint d'une tristesse amère. C'est le vrai sourire de Frisk, celui que tu ne montres jamais. Pour elle, tu acceptes de te dévoiler. Juste une fois. Juste pour cette fois...

« Je suis désolé.e. J'ai bien conscience que ce n'est pas assez, que cela ne changera rien. Mais... Mais je vais tout réparer. D'accord ? Ça peut vous paraître fou, j'en ai conscience mais... Les mots ne veulent pas sortir et pourtant. Pourtant tu veux lui dire. Oui. Tu veux lui faire entendre ta voix. Pas la mienne. Tu ne peux rien lui expliquer, mais tu dois lui dire. Ayez, une toute dernière fois, confiance en moi. Même si c'est pour de faux... Même si... Même si Tout cela vous semble complètement fou... Je vais vous sauver. Je vais tous vous sauver, alors... Rien n'est perdu, D'accord? Ta main ose, avec une hésitation réelle, se poser doucement sur la sienne. C'est le seul réconfort que tu te permets de lui donner. Ne perdez jamais votre capacité à croire en les autres, Sakthys, car pour les gens comme moi, les personnes comme vous sont infiniment précieuses... Vous êtes des phares dans les ténèbres. »

Frisk, qu'est-ce que tu entends par-là ? Je n'aime pas le ton que prend ta voix. Laisse moi reprendre le contrôle, avant que tu ne fasses une bêtise. Mais à peine essayais-je de reprendre le dessus que tu me renvoies avec force, avec une détermination écrasante, utilisant toute la puissance qu'elle t'offre nouvelle pour me tenir à l'écart, gardant le contrôle de ton corps, malgré ses tremblement qui te laissent à bout de force. Tu es déterminé.e plus que jamais à rattraper tout cela. Qu'est-ce que... Que crois-tu pouvoir faire, hein ? Que penses-tu pouvoir changer ? J'ai le pouvoir. J'ai le contrôle! Tu ne peux aucunement reset le monde, comment comptes-tu changer ce qui est fait ? Tu as perdu Frisk admets le, et nous pourrons continuer.
Mais tu refuses, encore. Toujours. Tu refuses même de m'écouter, te fermant à moi complètement. Non, j'ai bien compris, il n'y aura plus de "nous".
Tu n'es vraiment qu'un.e Idiot.e.

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Dog Sleep

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Dim 25 Nov - 14:56
L'air de valse raisonnant au loin nous emplit de ...Frisk semblait se rire d’elle, se moquer de ses paroles, de ses supplications. Pourquoi? Frisk, habituellement si doux.ce, gentil.le! Sakthys ne s’était jamais sentie aussi désemparée qu’en cet instant. Elle était trop faible pour aider la petite. Physiquement, son corps lui semblait pouvoir lâcher à tout moment. Mentalement, elle oscillait dans un océan d’incompréhension, de souffrance et de tristesse. L’Humain.e avait brisé quelque chose en elle. Bien plus que son pauvre corps à présent mutilé. Son cœur était brisé, éclaté. Il lui faisait d’autant plus mal que son dos.
Pire encore, elle se sentait totalement impuissante. Frisk, plus fort.e, plus… cruel.le qu’elle… La vie de la petite ne tenait qu’à un fil aussi. À travers le rideau de larmes, elle les voyait courir, l’un après l’autre, luttant pour arriver à leurs fins.

« Je ne suis que d'un côté : le mien... »

Alors tout n’avait été que comédie? Depuis le départ? Dans quel but? Sakthys aurait aimé comprendre. Tout ce temps, Iel avait semblé du côté des Monstres, pourtant… pendant tellement d’années… Qu’est-ce qui avait changé?
Iel avait attrapé la petite fille Hybride…

« Frisk! Arrête, je t’en prie! C’est juste une enfant… arrête… »

Elle articulait difficilement entre deux sanglots. Elle tenta de traîner son corps, mais la douleur l’immobilisa de nouveau. Sa vie lui sembla vaciller l’espace d’un instant, avant que la Monstre ne cesse tout mouvement. Bouger ne ferait que l’achever. Elle ignorait l’étendue de ses blessures, mais elle savait qu’elle n’y survivrait pas. Bouger ne ferait que les empirer… Elle ne pouvait pas se permettre de laisser tomber la petite. Elle ne pouvait pas mourir avant elle. Autrement, la petite seule… avec un simple tas de cendre… et Frisk.

« Frisk… arrête… arrête… s’il te plait… Elle n’a rien fait de mal, c’est un enfant… Tu n’es pas comme cela… ce n’est pas toi… Toi tu aides les Monstres, les Hybrides, les Humains… tu aides… »

Était-ce la mort qui lui faisait oublier les politesses? À quoi bon s’en soucier. Sa vie s’envolerait. La petite suffoquait entre les mains de l’Humain.e. Et Sakthys ne pouvait que serrer les poings et pleurer… et regarder. La nausée. Le dégoût. La peur. L’incompréhension. Frisk levait la lame de son couteau… prêt.e à frapper…

« Tu n’es pas seul.e… » souffla difficilement la Monstre, ignorant si ces paroles étaient destinées à l’enfant, à elle-même ou à Frisk.

La lame s’abattît. Malgré elle, la Monstre détourna le regard, ne pouvant accepter l’inévitable.
TAC!
Tournant la tête, Sakthys constata que la lame s’était plantée à même le sol… Pourquoi?

« Sale petite...  Cours, dépêche toi ! »

La Monstre sombre n’y comprenait plus rien. Frisk agissait bizarrement… Était-ce bien Frisk, finalement? Pourquoi un tel changement soudain?

« Cours… cours… qu’elle puisse se sauver… elle doit… »

Plus le temps passait et moins Sakthys se sentait cohérente. Ses pensées se brouillaient. Sa vision aussi. Elle se sentait épuisée. Fatiguée. Elle avait plus ou moins conscience de la course poursuite entre l’Humain.e et l’Hybride. Pouvait-elle lâcher prise, maintenant? Pouvait-elle abandonner? Non. Pas sans savoir la petite en sécurité. Pas sans réponses. Il fallait encore tenir bon peu. Encore un peu…
Un cri.
La Monstre sursauta, réveillant sa propre douleur, son esprit.

« Non… non… NON! »

Un nouveau coup de couteau…
La petite ne faisait plus aucun son. Plus aucun mouvement.

« Non… » un sanglot désespéré. Une image qui ne la quitterait jamais. Ce long couteau tailladant la petite… « Jamais »? Ironie. Elle mourrait dans quelques minutes si Frisk ne venait pas l’achever pour abréger ses souffrances. Parce que Sakthys… elle souffrait. Physiquement, mais surtout mentalement. Frisk posa son regard sur elle. Iel semblait… navré.e? L’était-iel réellement? Sakthys tremblait. De douleur. Et de peur. De froid aussi… L’Ambassadeur laissa tomber son arme au sol et se rapprocha. Sakthys aurait préféré qu’iel n’approche pas. Une lueur de crainte passa dans ses yeux. Sa respiration se fit encore plus difficile. Elle voulu le.a repousser, mais les forces lui manquait. À cet instant, iel faisait surtout penser à un pauvre enfant… Bien malgré elle, Sakthys le.a laissa l’aider à reprendre une position plus confortable. Respirer était toujours aussi difficile, mais la douleur semblait plus supportable dans cette position, un coussin sous la tête. Pourquoi?

« Je suis désolée. J'aurais voulu faire mieux. J'ai vraiment voulu la sauver... Vous devez me haïr, et je vous comprends. Ça m'arrive aussi, certains jours... Vous n'avez pas à me croire mais... Ce n'était pas moi. Je ne voulais pas... Ça. Je ne l'ai jamais voulu.»

Ces paroles… c’était davantage le type de paroles que Frisk l’Ambassadeur aurait prononcé. Ce n’était pas… lui.elle? Et ce sourire… bien loin des sourires charmeurs et heureux qui troublaient quiconque les voyaient… Tandis qu’iel monologuait, Sakthys l’avait laissé poser sa main sur la sienne. Elle n’eut pas la force de le.a repousser.

La Monstre leva doucement une autre de ses mains. Le mouvement était pénible et il ne faisait que raviver la douleur dans son dos, mais elle l’ignora. Le dos de sa main vint doucement caresser la joue de l’Humain.e.

« Je ne… comprends pas tout. Je n’aurai pas le temps de tout comprendre… Tu… semblais lutter. Contre… quelque chose… »

Y avait-il deux Frisk? Non. Juste un.e Frisk. L’autre chose… était plus horrible que tout ce que Sakthys avait pu voir dans sa vie. Cette autre chose… c’était elle qui l’avait tuée. Pas Frisk.

« Frisk… ne sois pas désolé.e. Ça ira. Tu ne peux pas… réparer la mort. Tu as… voulu aider la fillette… quand tu lui as dit de fuir. C’est bien. »

Elle ferma les yeux, prenant une pause. Parler devenait difficile. Respirer… elle avait l’impression de faire de drôle de bruits avec sa gorge, ses poumons… Le couteau avait probablement touché des points vitaux.

« Tu ne peux… pas me sauver. Je ne voulais pas… laisser la fillette… Mais elle ne souffre plus. Tu ne peux rien pour moi… Frisk. Ne… laisse pas un tel drame se reproduire. Reste… déterminé.e. Pour moi. Pour la petite. Pour sa maman. Lélianna et Elisabeth… veilles sur elles… s’il te plait. Tu es quelqu’un… de bien… Frisk… qu’importe tes ténèbres… tu es plus fort.e… »

Une grimace déforma son visage un instant. Mollement, elle laissa retomber sa main, lâchant le visage de Frisk. Elle porta cependant la main de l’Humain.e qui tenait la sienne jusqu’à ses lèvres pour y déposer un léger baiser.

« Je ne t’en veux pas… Frisk Dreemurr… Je t’aime, petit.e Ambassadeur des Monstres. »

Lui en voulait-elle? À Frisk? Non. Frisk, elle l’aimait. Parce qu’iel était bon.ne, empathique, doux.ce.

« Merci… de m’avoir permis de te connaître… avant de mourir… Ne sois pas… triste… s’il te plait… Je suis… heureuse… »

Sa main lâcha celle de Frisk.
Ses yeux se fermèrent. Ne me laisse pas… seule…
Une ultime larme s’échappa de ses yeux clos.
Son corps se fit lourd.
Sa respiration se fit plus sereine… avant de s’arrêter.
Définitivement.
Lentement, son corps se transforma en cendres qui se répandirent sur les coussins.
Sakthys, à son tour, venait de mourir...

Y a-t-il quelque chose, après la Mort?
Ne sois pas triste, Frisk.
J’ai eu une belle vie.
J’ai pu te connaître…
Pendant quelques minutes…

Y a-t-il quelque chose, après la Mort?
                     
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Feuille de personnage
Type d'âme/monstre: Détermination (Rouge vif)
Mer 16 Jan - 20:28
DÉTERMINATIONHurler.
C'est ça.
Tu as envie de hurler.
Crier.
Détruire.
Et en même temps...
Pourquoi faire ?
Pourquoi perdre tant d'énergie devant des faits qui n'en seront bientôt plus ?
Laisse tomber Frisk, il est toujours trop tard, et tu le sais.

Une main.
Juste une main.
Qui vient frôler ta joue, qui vient te pousser à relever les yeux vers ta faute, vers celle qui meurt pour tes erreurs. Tu t'attendrais presque à ce que le contact de sa peau te brûle, comme devrait le faire quelque chose de sacré face à l'impur, mais il n'en est rien, car il n'y a aucune justice en ce monde, Frisk. Sa main est douce, sa main est réconfortante. Il a quelque chose dans ce contact qui te force à lever les yeux, qui te force à regarder Sakthys, ne lui cachant rien de la culpabilité qui s'étrangle au fond de ton regard. Si elle savait à quel point tu t'en veux, chaque jour, chaque heure, chaque seconde. Parfois, quand tu la laisses te submerger, tu as l'impression que ce poids pourrait te tuer, t'engloutir, t'écraser, te détruire, pour te faire disparaître, à jamais. Comment fais-tu pour le supporter? Comment fais-tu pour l'oublier, au quotidien ? A cet instant, tu ne trouves plus de réponses, plus de raisons pour ne pas le laisser finir le travail, tandis qu'un monstre meurt devant toi.

La gentillesse de Sakthys te transperce. Douloureuse, brute, injuste. C'est étrange, que le premier sentiment qui vienne ne soit pas le réconfort, mais la douleur. Mais peut-être est-ce parce que tu sais qu'elle va bientôt mourir, et que toute cette gentillesse disparaîtra avec elle. Tu as détruis quelque chose de beau. Tout ce qu'elle est, tout ce qu'elle a été disparaîtra par la même occasion, et cela te fait mal, parce que tu n'as pas l'impression de l'avoir voulu. En es-tu sûr.e ? Encore une fois, tu as juste oublié, voilà tout...

Tu n'as pas les mots. Malgré toute cette injustice, toute cette frustration de la voir mourir, tout ce que tu ressens, au fond, n'est qu'un profond abattement. Une profonde lassitude, où la tristesse est pourtant absente. Ses mots auraient dû t'arracher une larme, au moins une, mais tu n'as plus de larme à verser depuis longtemps. Tu es bien la dernière personne ici qui aurait le droit de pleurer, alors que tout as toujours été de ta faute, n'est-ce pas ? Tu le sais. Tu en as parfaitement conscience, surtout les jours comme celui-ci, où tu n'as plus aucune excuses derrière laquelle te cacher.

Sakthys sait. Elle as compris que tu n'es pas seul.e, à sa façon. Elle ne me connaît pas, mais elle ressent. Elle ne comprend pas l'ensemble, mais elle perçois un fragment de cette réalité. Elle ne t'en veut pas, en pauvre naïve qu'elle est. Pathétique. Elle se sait mourante, pourtant. Elle a bien conscience que malgré tes paroles réconfortantes, malgré toute ta volonté, malgré toute ta belle détermination, tu ne peux plus rien pour elle. Elle va mourir, Frisk. Elle va nous renforcer. Que peux-tu faire contre cela ? Écoute-la :Tu ne peux pas réparer la mort...

« Ne… laisse pas un tel drame se reproduire. Reste… déterminé.e. Pour moi. Pour la petite. Pour sa maman. Lélianna et Elisabeth… veilles sur elles… s’il te plait. Tu es quelqu’un… de bien… Frisk… qu’importe tes ténèbres… tu es plus fort.e… »

Rester déterminé.e. C'est sa demande. Pour elle, pour ces personnes qui sont mortes aujourd'hui, pour celles qui tiennent à toi, Sakthys te le demande. Elle veut que tu sois fort.e, pour que cela ne se reproduise jamais, comme si tu avais la moindre chance de m’arrêter. Tes yeux hésitent un instant à fuir de nouveau, à couper le contact visuel, mais tu ne peux pas. Tu as assez fui, désormais, tu veux te battre contre cette peur d'échouer qui te clou sur place, contre cette culpabilité qui t’empêche d’appeler à l'aide... Perdre son regard, à cet instant, serait presque comme l'abandonner seule face à la mort, et ce n'est pas ce que tu veux. Alors tu forces à garder la tête droite, à garder le yeux fixent, alors que ton sourire se tord dans une grimace désolée, amère d'impuissance.
Tu as envie de vomir.

«  J'aimerais... J'aimerais vraiment te promettre que cela n'arrivera plus. Mais c'est si... Difficile. Je ne sais pas si je suis de taille... Et pourtant, j'ai tellement peur de ce qui arrivera si... Si....»

Tes mots sont saccadés, comme s'il te coûtait d'avouer tes peurs et les doutes qui te dévoraient, chaque jour un peu plus. Ta voix est presque plus basse qu'un murmure, comme si tu essayais de faire en sorte que je ne l'entende pas. Tu me hais, je le sens bien. Et tu as peur, ça aussi, je le sens.
Toi seul.e a décidé d'avoir peur de moi. Je t'ai tendu une main, partenaire, je t'ai offert de siéger a mes cotés, de tutoyer les dieux. Cette peur, tu ne l'éprouves que parce que tu t'entêtes à faire le mauvais choix, parce que tu t’entêtes à vouloir ramper alors que nous pourrions voler. Regarde autour de toi, et tu comprendras en quoi il serait plus simple pour toi d'accepter et de recommencer. Ensemble, rien ne pourrait nous arrêter. Nous avons détruit le monde, pièce par pièce, morceau après morceau, pourquoi ne pas recommencer ? Je sais que tu as aimé cela, dans le fond. Cette puissance. Ce pouvoir. A moi tu ne peux le cacher.

La main de Sakthys perd en force, alors que tu la rattrapes, l'aidant à la reposer doucement, essayant toujours, vainement, de limiter sa souffrance. Tu aimerais tellement, tellement faire plus pour l'aider. Tu pourrais abréger ses souffrances, tu sais ? Tout ce que tu as besoin de faire, c'est retourner chercher ce couteau et enfin finir le travail. Si tu avais un peu de cœur, c'est ce que tu ferais, car c'est là la seule chose qu'il te reste à faire, Frisk...
Pourquoi t'obstiner à le refuser ?

« Je ne t’en veux pas… Frisk Dreemurr… Je t’aime, petit.e Ambassadeur des Monstres. »


Elle t'offre son pardon.
Elle t'offre son amour.
Une nouvelle fois, tu ne t'en sens absolument pas digne. Malgré tout ce que tu as fait, malgré tout ce que tu as commis, elle t'absout alors que ta tête se baisse, comme si même le poids de ce pardon était trop lourd à porter. Tu ne le mérites pas, même dix ans après, penses-tu simplement. Peut-être aurais-tu préféré.e qu'elle t'en veuille, même pour quelques instants, même pour quelques secondes infiniment trop courtes. Tu veux souffrir, parce que tu es un être méprisable, et tu le sais. Elle aurait mieux fait de te détester... Alors pourquoi ne le fait-elle pas ? Tu ne comprends pas. Tu n'arrives tout simplement pas à comprendre ce qui la pousse à accepter l'idée que tu restes innocent.e dans son meurtre, alors que tout affirme le contraire, à commencer par tes mains maculées du sang d'une enfant.
Sa gentillesse te brûle, elle t'agresse.
Mais elle fait aussi rayonner ta détermination,
me gardant à distance,
pour le moment.
Tu refuses d'abandonner,
Pour le moment...

Tout cesse. Sakthys pousse un dernier soupir et... Et il n'y a plus rien, hormis du love dans notre âme. Des cendres restent entre tes mains, là où il y a quelques instant encore, se trouvait une de ses nombreuses mains. Des cendres que tu serres dans des poings fermés d'impuissance, des poings que tu appuies avec force contre un cœur beaucoup trop calme, face à cette situation désastreuse.

Tu devrais réagir. Crier, pleurer, hurler. Faire quelque chose, mais rien ne vient.Tout ce que tu ressens face à cela, tout ce que tu ressens face à la poussière de Sakthys est un profond sentiment de vide. Un profond sentiment d'absence. L'absence de réaction.
Il est trop tard. Voilà tout.

Baissant la tête, tu te refermes sur toi-même, jusqu'à n'être plus qu'à quelques centimètre du sol, entièrement replié.e sur cette main serrée sur les cendres d'une monstre que tu n'arrives même pas à pleurer.
C'est douloureux, le vide, n'est-ce pas ?
Cette absence. Ce rien. Ce besoin de tout.
Te voilà une nouvelle fois affublé.e d'un deuil fautif.
Tu avais promis de tous les sauver,
tu avais promis d'être une bonne personne.
Mais finalement, il ne reste plus rien,
et nous savons tous deux que tu es tout, sauf une bonne personne...

Non.

Encore une fois, tu rejettes ma voix et mes paroles avec détermination, refusant d'entendre ma raison. Il y a forcément une solution, penses-tu, alors que tu relèves la tête. Laquelle Frisk ? Tu ne peux plus revenir, car le contrôle est mien. Sans ce pouvoir, aucun moyen de changer, ni de recommencer. Tu le sais, pourtant...

A quoi penses-tu, Frisk ?

Il reste une solution. La chose avait raison, Frisk ne pouvait lui prendre son pouvoir, celui qu'elle tenait si loin d'iel, hors de sa porté, hors de ses mains... Mais Frisk pouvait faire autre chose. Ses yeux se tournèrent vers l'entrée, où le corps de la petite fille restait, inerte, silencieux, fixant un plafond qu'elle ne voyait plus. On aurait presque pu la penser endormie, si son petit torse, orné de multiples plaies, ne continuait pas de colorer sa robe blanche d'un sombre carmin...
Il reste une solution.

Tu n'y penses pas ?
C'est de la folie !
Je refuse, tu m'entends ?
Pas après tout cela, pas après tout ce que nous avons fait !
Pas après tout ce que j'ai fait !
Non, Frisk !
Tu n'as pas le droit de

Se lever. Difficile. Presque impossible. Frisk ressent toute la pression que cette chose exerce sur iel pour l’empêcher d'approcher. Pour l’empêcher de le faire, si bien qu'iel doit s'aider, s'appuyant à la table pour relever un genou, puis l'autre, grognant sous l'effort qu'il lui faut faire pour juste se mettre debout. Avançant d'un pas chancelant, luttant contre la chose qui lui intime – non, qui lui ordonne - de ne pas le faire, Frisk marche, un pas après l'autre, comme si chacun de ses pieds étaient collés au sol, et que quelque chose le.a tirait fortement en arrière, essayant de l’empêcher de progresser. La sueur perle de son front, mais iel tient bon.
Iel va les sauver. Iel va le faire, tout ce qu'iel lui fallait c'était

Le couteau.
Comment oses-tu ?
Tu l'attrapes dans tes mains, y fermant tes doigts avec difficulté, alors que je proteste.
Que je lutte.
Mais tu es déterminé.e.
Trop.
As-tu conscience de ce que tu comptes faire, Frisk ?
Que penses-tu que cela changera ?
Même s'ils reviennent, je les tuerai encore, et encore !
Que pourras-tu faire contre cela ?
Que peux-tu contre moi ?

Rien, sinon recommencer, encore, et encore, jusqu'à ce que la chose... Non. Jusqu'à ce que Chara abandonne à son tour. Frisk ne pouvait pas la vaincre, c'est vrai, mais iel pouvait la ralentir, juste un peu, juste assez. Saper ses efforts, détruire ses réussites, contrecarrer ses plans. Oui, Frisk ne pouvait pas gagner, pas cette fois, mais iel pouvait résister. Chara avait raison, ils étaient désormais partenaire à jamais, que ce soit pour le meilleur ou pour le pire.
Et il était grand temps que Frisk lui fasse goûter au pire...

Tu n'es qu'une idiot.e!
Lâche cette arme, Frisk.
Lâche-la et nous pourrons reprendre ensemble.
Lâche-la et j'oublierai ce que tu as voulu faire.
Que penses-tu réussir à faire ?
Arrête ! ARRETE !
Tu n'es rien sans moi, tu entends ?
Je détruirai tout ce à quoi tu peux tenir.
Je tuerais ta mère sous tes yeux.
J'éventrerai chacun de tes amis,
Je réduirai en poussière tes monstres de compagnie.
Je détruirai jusqu'à la moindre parcelle de ta vie,
Jusqu'à la moindre parcelle de ce monde,
si tu ne poses pas ce couteau

Qu'iel tient désormais le plus loin possible de son buste, prenant de l'élan, préparant l'acte. Frisk n'a pas le temps d'y penser, pas alors qu'iel doit mettre toute sa force, toute sa volonté dans chacun de ses gestes que Chara essaie d’arrêter. Iel n'aura qu'une chance, iel le sait, et il ne faut pas qu'iel la rate. Un sourire lui échappe, pas de ceux qui rient, mais de ceux qui s'insurgent. Puisant dans toute sa détermination, Frisk ferme les yeux, serre les dents, et

NON !

Trop tard.

Tu gémis de douleur, alors que la lame s'enfonce dans ta chair, coupe tes entrailles, déchire tes organes. Elle est pire encore que tu ne l'aurais imaginé. Et malgré tout, tu puises dans ta détermination pour aller jusqu'au bout de ta bêtise, la jetant au loin une fois la blessure assez profonde pour te tuer. Une fois certain.e d'y passer.
Par ce geste, par ton erreur, tu te condamnes à mort.
Et tu en es fier.e.
Pourquoi ?
Je ne comprendrai jamais tes choix.
Tu as voulu tout cela.
Tu l'as voulu, Frisk !
Pourquoi fais-tu cela ?
Alors que j'ai agis pour nous ?
Pour NOTRE bien ?
Tu es aussi decevant.e que lui.
Tu es comme lui.
Tu n'es qu'un échec de plus.
Ton échec.
...
Soit.
D'accord, Frisk.
Faisons ainsi.
Faisons comme tu voudras.
Je m'adapterai.
Si tu n'es pas avec moi.
Alors tu seras contre moi.
D'accord.
Mais n'oublie pas.
Quand tu le regretteras.
Quand tu reviendras ramper face à moi.
N'oublie jamais que tu as voulus tout cela.
Que tu as voulu cet affrontement.
Que tu m'as trahis.
Encore.
N'oublie jamais que tu as voulu cette souffrance.
Tu ne vaux pas mieux que les autres.
Tu es méprisable.
Eh bien, maintenant tu n'as qu'a rester seul.e,
Nous nous reverront de toute façon bien assez tôt, de toute façon...

La présence s’efface volontairement, alors que le corps de Frisk tombe, comme si ses ficelles avaient été coupées d'un coup, la pression tenant jusqu'alors son corps s'étant enfin dissipée. S’écrasant au sol sans grâce, à quelques pas à peine de sa jeune victime qu'iel ne voit plus vraiment, Frisk se rend alors compte que douleur brouille ses sens, la plaie géante qui jusqu'alors n'avait été qu'une gêne dans son dos devenant un brasier ardent. Un gémissement lui échappe, alors que l'humain.e est terrassé.e par toutes ces informations.
Chara ne pouvait ni soigner, ni supprimer ses blessures, tout ce qu'iel faisait, c'était limiter les inconvénients de ces dernières, mais maintenant qu'iel n'était plus là, maintenant que Frisk était seul.e, l'humanité l'assaillait de toute part, tandis que sa mortalité la.e rappelait à l'ordre...

C'est mérité, pense-t-iel, alors qu'iel essaie tant bien que mal de se retourner sur le dos, étouffant un gémissement en le faisant. Frisk souffrait, mais le pire était ailleurs, dans ce sentiment de solitude qui le terrassait, alors que l'absence de Chara avait laissé un vide béant, un vide que rien ne comblait, à cet instant. Beaucoup vous dirons qu'il vaut mieux être seul que mal accompagné, mais dans le cas de Frisk, iel était tant habitué à la présence de son alter-ego que ne plus l'avoir lui laissait soudainement un sentiment de vide et un silence oppressant, que l'ambiance mortuaire de la maison ne faisait qu'accentuer. Face à iel-même, c'était la solitude, plus que la culpabilité, qui la.e terrassait...

Frisk allait bientôt mourir. Iel le savait. Qui a-t-il après la mort ? l'humain.e ne le savait pas, mais iel savait en revanche ce qu'il y avait dans la non-mort. Le void. Un endroit froid, silencieux, et infinis. Plus de temps. Plus d'espace. Plus rien. Un endroit où Frisk n'avait aucune envie d'y retourner, pas après le temps infinis qu'iel y avait passé, à essayer de trouver une solution autre que le marché que lui offrait Chara pour restaurer le monde.
Frisk allait-iel retourner une nouvelle fois dans cet endroit ? Même de cela, iel n'était plus certain.e. Cela faisait dix ans. Dix ans sans mort. Dix ans sans retour en arrière. Dix ans de continue uniquement. Qu'allait-il se passer ? Qu'allait-il arriver ? Son souffle s’accélère, alors que la peur l’étreint de nouveau. Frisk n'a aucune envie de retourner la-bas, même pour quelques instants, même l'espace d'une seconde, car dans un endroit où le temps n'est plus, qu'est-ce qu'une seconde ? Et s'iel ne revenait pas ? Frisk était terrifié.e par cette mort qui approchait, par ce vide qui s'annonçait, par l'incertitude qui le.a guettait. Et s'iel ne revoyait plus jamais ses amis, sa famille, ses proches ? Et si cette fois, il n'y avait plus de continue ?
Et si cette fois, iel ne revenait pas ?

Cette peur le terrassait. Tout autant que cette solitude et ce silence qu'avait volontairement laissé Chara. La chose connaissait ses points faibles, et elle en jouait aisément, comme à chaque fois.
Frisk ne voulait pas mourir seul.e, mais que lui restait-il pour l'accompagner à cet instant ? Le cadavre d'une enfant ? Les cendres d'une monstre ? Bien qu'ayant conscience qu'iel n'avait pas le droit de se plaindre de cette situation, Frisk voulait quelqu'un. Juste quelqu'un à coté de lui. Même sans parole. Même sans geste. Juste une présence, quelque chose de rassurant, quelque chose sur lequel s'appuyer, pour oublier l'ombre froide et terrible qui se rapprochait, alors qu'une sensation d'engourdissement, glacée et implacable, le faisait doucement claquer des dents.
Frisk voulait juste quelque chose pour oublier les secondes infinis qui l'attendaient, et oublier Chara, qui reviendrait toujours trop tôt.
Frisk voulait juste un ami.

Un numéro, une évidence, lui revient. Bien sûr, pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt ? Combien de fois l'avait-iel composé? Combien de fois l'avait-iel appelé? Juste pour ne rien dire, juste pour l'écouter, juste pour tromper sa solitude, cette terrible solitude qui à cet instant le.a rongeait de l'intérieur, comme le pire des poisons.
Alors, comme un enfant se raccrochant à ce qui lui est le plus cher pour oublier la nuit et ses ombres pleines de terreurs, Frisk composa le numéro maladroitement, ses doigts glissants par moment à cause du sang trempant ses doigts, avant qu'iel ne parvienne à ses fins et n’amène le téléphone à son oreille pour écouter les tonalités. Tout ce que Frisk voulait, à cet instant, c'était entendre sa voix. Juste un peu. Juste quelques instants, avant que tout s'arrête une nouvelle fois. Comme une petite récompense, pour son sacrifice digne d'une ''bonne'' personne.
Décroche, par pitié, se prit Frisk a espérer, comme si iel craignait que son crime est atteint le charme qui tenait sa vie en place dans une bulle agréable, la rompant, elle, et les piliers de son existence, pour ne laisser qu'un chaos innommable. Que ferait-iel, s'il ne répondrait pas ? A cela, au moins, Frisk n'eut pas besoin de trouver de réponse...

« ... ALLO ?! SALUTATIONS HUMAIN.E ! COMMENT PUIS-JE ECLAIRER TON CHEMIN ?! »

Soudainement, c'est le soulagement, alors que la voix du squelette sature son téléphone. Laissant échapper un profond soupir, Frisk essaie d'assurer sa position, s'appuyant un peu mieux contre le mur qui le soutien, dans un grognement étouffé, alors que sa main se resserre sur sa blessure, comme s'iel voulait profiter un peu plus de ces quelques secondes, malgré la nécessite d'en finir au plus vite. Frisk a besoin de courage, pour ce qui l'attend ensuite...

« - Hey Papyrus. Tu es occupé ? » Sa voix est plus faible qu'a l’accoutumée, presque cassée, mais Frisk fait au mieux pour donner le change... « Je... J'aimerais t'emprunter au monde quelques instants, si tu permets, j'ai vraiment... J'ai besoin de toi.» Iel sourit, sans joie, avec une douceur amère, tandis qu'iel reprend. « Comment as tu deviné que j’appelais pour tes lumières? »

« EVIDEMMENT QUE NON. JE NE SUIS JAMAIS OCCUPÉ QUAND IL S'AGIT D'UN.E AMI.E DANS LE BESOIN ! » Il y a un bruit de cuir qui se tord, comme celui du canapé du salon. Frisk ne sait pas s'il y est vraiment, mais iel aime à l'imaginer ainsi, s'y voyant aussi, soudainement. Cela serait bien mieux que cet endroit rendu sordide par ses crimes. « CERTAINES CHOSES N'ONT PAS CHANGÉ, COMME MES INCROYABLES RESSOURCES PÉDAGOGIQUES ! »Un bref silence le coupe un instant, avant qu'il ne reprenne. « QUELS OBSTACLES RENCONTRES-TU ?! »

Quel obstacle ? Ah. Pendant un instant, Frisk hésite, ouvrant et refermant ses lèvres comme si les mots n'arrivaient pas à sortir, comme s'iel ne savait pas par où commencer. Y avait-il seulement une bonne façon de dire cela? Mettant son bras libre sur ses yeux, Frisk prend un instant, soufflant pour reprendre cette respiration qui lui échappe, voulant prendre le temps de la réflexion, sans pour autant y arriver. Le temps, c'est la seule chose qui lui manque, Frisk ne trouvera pas les bons mots, car il n'y en a pas, iel en est conscient.e... Ses paroles viennent alors, comme saccadés, comme si chacune d'elles lui demandaient bien des efforts pour être crachés.

« J'ai échoué à être... A suivre ton exemple, Paps. J'ai échoué sur toute la ligne. C'est un désastre, horrible, à tout niveau. Malgré mes efforts, malgré... Ma volonté... Tout ce que j'ai réussi à faire c'est détruire. Et je n'arrive même plus à me sentir désolé.e pour cela, c'est...»

Ignoble ? Le mot reste néanmoins coincé dans sa gorge, n'osant sortir. Les secondes passent, sans qu'aucune réponse ne se fasse entendre. Peut-être attendait-il la suite, cette suite qui ne vient jamais, trop étouffée comme elle l'est pas les regrets, par la culpabilité. Pendant un instant de silence, Frisk craint que Papyrus ne réponde pas, et plus elles avancent, plus iel hésite à prendre la parole, ne serait-ce que pour s'excuser, ne serait-ce que pour mentir. Mais avant qu'iel ne puisse faire demi-tour, la voix de son ami reprend dans le combiné, et Frisk laisse retomber le bras qui lui cache les yeux en l'écoutant.
La voix du squelette semble exploser, à coté du murmure qu'est celle de Frisk, à cet instant...

« TU AS TRÈS BIEN FAIT DE M'APPELER, JEUNE HUMAIN.E ! LES MOMENTS DE DOUTE MÉRITE D’ÊTRE SOULEVÉS ENTRE NOUS ! » Un silence. De nouveau. Les mots doivent être choisi avec soin. Et lui a le temps de le faire, contrairement à Frisk... « SI TU M'EXPLIQUAIS CE QU'EST CE DÉSASTRE ? NOUS POURRIONS TRANSFORMER CET ÉCHEC VERS UNE RÉUSSITE EN DEVENIR ! »

Frisk doit raccrocher, maintenant. Iel le sait. Iel craignait à chaque instant d'aller trop loin. Non, iel était allé trop loin, iel en avait conscience, et désormais, iel craignait d'éclabousser Papyrus de ses erreurs. Trop tard, lui murmure une petite voix dans sa tête, si c'est réellement ce que tu avais voulu, tu ne l'aurais pas appelé. Amèrement, Frisk reconnu que la voix avait raison. La douleur commence à s’atténuer, alors qu'une profonde fatigue arrive doucement à l'engourdir. Baissant les yeux sur son œuvre coupable de sa mort prochaine, Frisk pose une main dessus, comme pour cacher, oublier que son temps est compté. Iel ne pourra plus jamais le dire, alors, juste une fois... Juste pour cette fois...

« Je suis désolé.e, je suis tellement désolé.e. Pour tout ce qui est arrivé. Pour tout ce qui arrivera encore... Personne... Personne ne peut changer, Paps... »

Iel raccroche, fuyant, une fois encore. Je ne suis bon qu'à cela, de toute façon, pense-t-iel amèrement, alors que le téléphone est jeté dans un mouvement mou, fatigué, dans la pièce. Ce n'est pas important. De toute façon, soit il sera de nouveau dans quelques instant dans sa poche, soit... Eh bien, disons simplement que l'emplacement de son téléphone sera le dernier soucis de Frisk.
Une dernière fois, ses yeux se posent sur le tas de poussière en forme de monstre qui reste, silencieux, au centre du salon. Qui a-t-il après la mort? Est-ce là ta question, Sakthys ? Comment pourrait-il le savoir? La mort n'était pour Frisk qu'un état, un court instant, avant que tout ne recommence, une fois encore...

Une seconde, iel la sens vaciller, cette âme qui ne lui appartient plus. Elle essaie, dans un dernier soubresaut, de résister, alors que les fissures l'accablent. Elle va bientôt voler en éclat, là où normalement elle devrait persister, continuer, exister. Et c'est probablement la clé d'un secret dont il manque trop de pièce pour que Frisk le comprenne. Quelque chose se passe, mais quoi ? Tout est une question de détermination, parait-il...

Son âme explose.
Et de nouveau le vide l'accueil.
Bon retour, Frisk.

« Cela te satisfait? »

Entendre la voix de Chara, dans cet endroit, n'est pas vraiment une surprise pour Frisk, qui hausse des épaules pour toute réponse, alors que l’entité la.e regarde, une certaine frustration se lisant au fond de ses prunelles rougeâtre que l'enfant lève légèrement pour toiser Frisk. Frisk grandi.e, change mais Chara... Une fois dépourvue du corps de l'humain.e, Chara est toujours le même enfant qu'il fut le jour de sa trépas, dans son pull vert et jaune, à jamais coincé entre l'existence et la mort.. Coincé dans ce rien, quand iel ne s'accroche pas à Frisk pour exister, en bon parasite.

La chose tique, mais ne prend pas ombrage de ce silence, se contentant de lever les yeux vers ce qui lui fait face, tandis que Frisk l'imite en mettant ses mains dans la poche ventral de son sweat couvert de sang et de poussière, regardant à son tour les lettres, semblant exister sans être, qui se figent devant eux. La sauvegarde.

Chara. Lvl 1. 9999:99
Continuer – Reset

Pendant une seconde, Frisk a presque envie de lever la main vers les Reset, mais iel sait déjà le geste inutile, aussi ne se fatigue-t-iel pas. Iel sait ses espoirs impossibles : ce pouvoir n'a jamais été le sien, mais celui de Chara, qui par moment, lui en donnait les accès, pour que l'illusion du pouvoir vienne et qu'iel en veuille toujours plus. Cela avait marché d'ailleurs.
Cela avait trop marché, même...

« Et maintenant...
- Maintenant quoi ? Répond Frisk avec un soupir lasse, comme si le simple fait de répondre l'épuisait. Tout ce qu'iel voulait à cet instant, c'était que Chara appuie sur continuer, pour qu'ils quittent de nouveau cet endroit que Frisk avait en horreur.
- Que comptes-tu faire ?

Le ton est neutre, mais Frisk ne se leurre pas. Chara cherche à comprendre la suite. En mourant, Frisk a sonné une alarme, une alarme que Chara aurait préféré laisser éteinte. En mourant, Frisk à relancer une machine bien huilée, qui veut que pour chaque force en mouvement, une autre de même mesure vienne en réponse... Non, exactement, cette réponse n'allait pas venir parce que Frisk était mort, mais parce que Chara allait devoir faire quelque chose pour changer cet état de fait. Quelque chose qu'il avait essayé d'éviter à tout prix, du moins pas sans avoir les moyens de riposter contre cela...
Chacun prépare ses stratégies, et jauges les positions de l'autre. Frisk connaissait celle de Chara, et désormais, il était plus que temps qu'iel affirme les siennes. Frisk n'était plus un allié, et Chara semblait calculer ce nouveau fait, qui semblait à peine le surprendre, et que très légèrement le gêner. Autant s'entendre sur un désaccord...

- Je vais jouer selon mes règles. 

L'attitude est volontairement provocante, un brin nonchalante, une pointe agressive. Frisk, en somme, dans tout son insolence. Frisk sait qu'iel part perdant.e, alors pourquoi ne pas le faire avec panache ? C'est tout ce qu'il lui reste, à cet instant. Le regard rouge le fixe un instant, jaugeant ses paroles, ses ambitions, avant que de nouveau, un large sourire ne vienne fendre son visage. Frisk détestait ce sourire, plus encore quand il prenait des airs inhumains, tandis que yeux de la chose, jusqu'alors normaux, s'arrondissait comme des coupelles, devenant d'un noir abyssale...
C'est une menace. A n'en pas douter.

-  Tu perdras selon les miennes... As-tu déjà oublié ?
- Je tiens le pari.»

Soit.
Tenon les paris Frisk.
Face je gagne.
Pile tu perds.
La guerre est ouverte, alors.

Chargement...
Tes yeux se ferment légèrement, alors que le soleil t'éblouit, t'obligeant à mettre une main devant les yeux, après un temps t'ayant semblé bien trop long dans le froid, le vide, le rien.
Nous y revoilà.
De nouveau.

Tournant le regard derrière toi, tu vois l'autocar avec lequel tu es arrivé.e ici, et devant lequel son conducteur semble finir sa cigarette, te lançant un regard légèrement curieux, comme s'il essayait de resituer ce visage qu'il est certain d'avoir déjà vu. Instinctivement, tu remets légèrement ta capuche en place, baissant le regard sur tes pieds, un peu surpris.e d'être là, devant la dernière étoile que nous avons croisé.e.s. Ta main se pose alors sur ton ventre, cherchant une blessure qui n'a jamais existé, contrairement à celle qui te lacère toujours le dos, et dont la douleur se rappelle à toi, maintenant qu'elle n'est plus muselé par ma détermination.
Oui. Nous sommes de retour à cet instant. Sans Love. Sans meurtre dans notre historique. Sans rien. Ton sacrifice à marché. Tu es fier.e de toi, hein ? Tu ne fais que retarder l'inévitable Frisk, toujours....

Soudainement, un sanglot attire ton attention, alors que tu tournes lentement la tête vers la source du bruit, enfournant tes mains dans les poches. Il y a une petite fille. Cinq, six ans peut-être, qui pleure à quelques mètres de là. Les joues rouges, humides, elle pleure, tu le sais, pour une mère perdue quelques rues plus loin, qui elle aussi, la pleure. Il reste un instant, un court instant, avant que cette enfant ne soit plus seule, ça aussi, tu le sais...
Avant même de la voir, tu tournes les yeux vers la silhouette qui, tu le sais, arrivera vers la droite, pour se poser devant la petite fille. Sakthys. La voir te fait retenir un instant ta respiration, comme si tu craignais à tout instant de voir la scène se fissurer. Mais non, rien. Tout se passe comme cela aurait du se passer. Elle se pose devant l'enfant, essayer de la rassurer, essaie de l'aider. C'est à nous de faire notre entrée, non ? Hésitant un instant, tu lèves un pieds, amorçant un pas vers elle

Non.
Tu te ravises au dernier instant. Stoppant ton pas avant de l’achever.
Y aller, c'est la condamner, penses-tu soudainement, avec une lucidité froide. Tu sais déjà ce qu'il se passera, et tu n'es pas certain.e de pouvoir l’empêcher, même si tu le voudrais. Ta détermination reste puissante, pour le moment, mais pour combien de temps encore ? Déjà, tu sens la fatigue peser sur tes épaules, sur ton dos blessé, sur ton front couvert de sueur. Ce n'est qu'une question de temps, Frisk, avant que le contrôle me revienne. Je te l'ai dit, tu vas forcément perdre, à un moment ou à un autre....

A moins que...
Tes yeux se tournent vers le bus, celui-là même dont tu es descendus, il y a quelques secondes, bien qu'une réalité t'en sépare. Partir, c'est cela ton plan ? T'éloigner d'eux. M'éloigner d'eux. Pour les sauver. Pour la sauver. C'est tout ce que tu peux offrir à Sakthys, tu en as conscience à cet instant : votre rencontre contre sa vie, cela te semble un prix plus qu'acceptable. Soit, fais-le... Cela marchera un temps, Frisk, mais tu ne pourras pas toujours fuir. Tout comme tu ne pourras pas toujours garder le contrôle.
Fermant les yeux un instant, cherchant la force de le faire, tu finis par faire demi-tour, retournant vers l'entrée du bus, dont tu montes les deux premières marches, sous l’œil inquisitorial du chauffeur.

« Ce bus est sans arrêt jusqu'à Ebott, gamin. »

Tu hausses des épaules. Partout plutôt qu'ici, ça te va bien. Retournant t’asseoir au fond du bus. Tu tournes un instant les yeux vers l'endroit où aurait du avoir lieu votre rencontre, regardant la silhouette de l'enfant et de la monstre avec une certaine nostalgie. Elle ne saura jamais. Elle ne te connaîtra jamais, et toi, tu devras vivre en taisant cela. Comme à chaque fois. Comme toutes ces fois...

Accoudés à la vitre, tu hésites, alors que tes mains, perdu dans tes poches, finissent par attraper quelque chose que tu avais oublié. Le sortant doucement, tu regardes ton téléphone un instant, avant de sourire, un brin ironique. Maintenant que tu y penses, elle t'avait donné son numéro, pour que vous gardiez contact. Te souviens-tu des numéros, Frisk ? Fermant les yeux, tu remontes dans tes souvenirs. C'est une chose que tu as perdu l'habitude de faire, mais qui a pourtant un goût nostalgique entre tes lèvres. Presque plaisant, même. Tu n'as presque pas besoin de forcer pour te rappeler de tes méthodes mnémotechnique pour retourner dans tes souvenirs, pour te rappeler des autres réalités. C'est ainsi que tu faisais, avant chaque combat. Avant chaque nouveau choix...

Tes doigts tapent lentement, alors que tu reprends un à un, chaque numéro, jusqu'à composer le sien. Puis tu rouvres les yeux, fixant ton œuvre, une fois ton travail de mémoire terminé. Tu hésites, un instant, un bref instant, devant ce numéro que tu ne devrais pas avoir. Le plus logique serait de l’effacer, mais quelque chose, une envie, peut-être, te pousse à la sauvegarder. A le garder. Pas de nom, ni de prénom. Juste un numéro. Toi seul.e saura à qui il est, et à quelle promesse il est accroché...

Comme à chaque fois que tu ressasses des choses n'existant plus, le temps semble perdre de sa fluidité pour toi, alors que tu entends les pas lourds du chauffeur, remontant dans sa machine de fer et de métal, y insérant sa clé, qui de nouveau le fait mugir d'un infernal vrombissement. Quinze minute, déjà ? Une dernière fois, tes yeux se tournent vers l'endroit de votre non-rencontre. Sakthys, elle n'est plus là. L'enfant non plus. Bien. C'est probablement mieux ainsi, penses-tu avec une amertume refoulée, alors que les portes de l'autocar se ferment, nous emprisonnant loin d'elles. Loin de tout ce love.
Direction Ebott, alors.
Fort bien.
Il y a quelque chose,
de précieux,
si précieux
qu'il me faut retrouver, la-bas...

©️ 2981 12289 0

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Dog Sleep

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